Donald Trump exige un remboursement des pays du Golfe pour la protection qu’assurent les forces américaines face aux attaques iraniennes. Depuis le Bureau ovale, le président américain a cité nommément l’Arabie saoudite, le Qatar, les Émirats arabes unis, Bahreïn et le Koweït comme bénéficiaires de cette protection payante.
« Nous protégeons une très riche partie du monde, nous dépensons de l’argent, donc nous allons être remboursés pour cette protection », a déclaré le président américain aux journalistes présents dans le Bureau ovale.
Six mois de frappes iraniennes sur les monarchies du Golfe
Le calcul intervient après des mois d’exposition directe des pays du Golfe aux représailles iraniennes. Depuis fin février, Bahreïn, siège de la Ve flotte américaine, et le Koweït, qui héberge la base aérienne d’Ali Al Salem, ont été touchés à répétition par des tirs de missiles balistiques et de drones visant les intérêts américains sur leur sol. Selon un décompte relayé par l’agence Anadolu, l’Iran a visé sept pays arabes avec plus de 6 400 missiles et drones en l’espace de 41 jours au printemps.
Le Qatar n’a pas été épargné : des éclats provenant d’interceptions de missiles balistiques au-dessus de Doha ont blessé plusieurs civils, dont un enfant, et un ressortissant qatari a perdu la vie lors d’une opération de recherche et sauvetage en mer. Les Émirats arabes unis ont également vu leurs systèmes de défense engager des tirs iraniens, tandis que la Jordanie a intercepté plusieurs vagues de missiles visant son territoire. Des analystes de l’institut américain JINSA estimaient fin mars que les pays du Golfe avaient épuisé une large part de leurs stocks d’intercepteurs Patriot, le Koweït et les Émirats ayant utilisé environ 75% des leurs, Bahreïn jusqu’à 87%.
Un dispositif de remboursement à 20% déjà annoncé pour le détroit d’Ormuz
Le président américain avait déjà évoqué un mécanisme financier lié au détroit d’Ormuz, par lequel les États-Unis se déclareraient « gardiens » du passage maritime en échange d’une commission de 20% sur les cargaisons transitant par la voie stratégique. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a rejeté cette logique, affirmant sur les réseaux sociaux que l’Iran demeure le véritable garant du détroit et devrait à ce titre être rémunéré pour ce service.
Trump a par ailleurs jugé que Washington n’avait pas besoin financièrement de ces alliés du Golfe, affirmant disposer de réserves pétrolières supérieures à celles de tout autre pays. Il a néanmoins qualifié la relation de « très efficace », sans détailler à ce stade les modalités concrètes du remboursement réclamé aux capitales concernées.
