Un diagnostic tactique sans concession : Diego Forlán, double Soulier d’or européen et meilleur joueur du Mondial 2010 avec l’Uruguay, a publiquement mis en cause le positionnement de Cristiano Ronaldo au sein de la Seleção, estimant que son immobilisme en pointe pénalise l’ensemble du système offensif portugais. Des propos relayés par ESPN ce 29 juin 2026 en marge de la Coupe du monde 2026, alors que le Portugal venait de terminer une phase de groupes en demi-teinte.
Un Portugal paralysé par son propre capitaine
Le bilan de la phase de groupes du groupe K est révélateur. Après un nul face à la République démocratique du Congo (1-1) lors de la première journée — où Ronaldo, 41 ans, était resté muet et transparent pendant 90 minutes — la Seleção a réagi contre l’Ouzbékistan (5-0), portée par un doublé de son capitaine. Mais le troisième match face à la Colombie (0-0) a remis les doutes sur la table : Ronaldo, à nouveau titulaire, a été incapable de peser sur une rencontre verrouillée. Le Portugal a terminé le premier tour sans identité offensive claire, qualifié pour les seizièmes de finale mais loin de la maîtrise attendue d’un prétendant au titre. C’est dans cette situation que la parole de Forlán a trouvé un écho particulier.
L’analyse de Forlán, l’entonnoir qui bloque tout
«Toutes les attaques aboutissent au même point, comme dans un entonnoir étroit. Le Portugal ne concrétise pas ses occasions car tout converge vers Ronaldo, immobile au centre», a déclaré à l’ESPN l’ancien attaquant de l’Atlético de Madrid.
Pour Forlán, le problème n’est pas Ronaldo en tant que joueur, mais son occupation de l’espace : «Le problème, c’est qu’il joue en tant qu’attaquant central fixe, il reste près du but à attendre le ballon, car il ne se déplace plus pour aller le chercher. Cela finit par limiter l’équipe du Portugal dans son ensemble.»
L’Uruguayen pointe une conséquence directe sur les défenses adverses : en restant statique, Ronaldo neutralise lui-même son impact, car les arrières peuvent se caler sur lui sans craindre ses déplacements. «S’il se déplaçait un peu vers les ailes, cela ouvrirait des angles pour que les autres joueurs puissent s’engouffrer», précise-t-il, avant de nuancer : «Je ne dis pas que Cristiano est un problème, mais il doit comprendre qu’il a besoin de sortir de la surface et de bouger davantage.»
Un débat qui dépasse le cas individuel
La critique de Forlán rejoint les interrogations du sélectionneur Roberto Martínez, qui multiplie les ajustements sans trouver une hiérarchie offensive stable. Ni João Félix ni Rafael Leão n’ont trouvé leur place de manière constante sur le couloir gauche, tandis que Gonçalo Ramos, capable de jouer en neuf mobile, attend toujours sur le banc.
Martínez a continué de défendre son capitaine après le match nul contre la Colombie : «Cristiano a l’habitude d’être au bon endroit au bon moment. Son état physique et mental est irréprochable.» Mais le technicien espagnol a ouvert la porte à d’éventuels changements, sans préciser lesquels. Le Portugal retrouve la Croatie en seizièmes de finale. Face à une équipe structurée et expérimentée, la question du positionnement de Ronaldo sera à nouveau centrale.
