Pour Robert Dussey, le silence de l'Afrique face aux crises s'explique par la peur et l'ignorance

Robert Dussey, ministre des Affaires étrangères du Togo, a accordé le 18 juin 2026 un entretien à Alain Foka dans l’émission Moment de vérité sur AFO Média, où il a livré un diagnostic sur l’absence de réaction africaine face aux multiples crises qui frappent le continent.

L’Afrique traverse l’une des périodes les plus turbulentes de son histoire récente. Au Soudan, la guerre entre dans sa quatrième année : plus de 20 millions de personnes ont besoin d’aide humanitaire, et le plan de réponse 2026, évalué à 2,9 milliards de dollars par l’ONU, reste financé à seulement 16 %. À l’est de la République démocratique du Congo, une crise multidimensionnelle conjugue violences armées, effondrements des financements humanitaires et épidémie d’Ebola. Au Sahel, l’insécurité djihadiste au Burkina Faso, au Mali et au Niger déborde désormais vers les États côtiers — Bénin, Côte d’Ivoire, Togo. Face à ces crises, le Conseil de sécurité de l’ONU et l’Union africaine multiplient les réunions de coordination sans parvenir à débloquer des réponses à la mesure des besoins. C’est dans cette situation que la question du silence africain s’est imposée dans le débat.

Une autocritique assumée, sans « autoflagellation »

Interpellé sur ce mutisme — qu’Alain Foka a qualifié d’« assourdissant » face à la fermeture du détroit d’Ormuz par le conflit entre l’Iran, Israël et les États-Unis, à la flambée des prix du pétrole qui en découle, et aux violences xénophobes contre des Africains en Afrique du Sud —, Robert Dussey a refusé de nier la réalité. Le chef de la diplomatie togolaise a reconnu une « forme de honte » et estimé que les Africains ne portaient pas suffisamment leur propre continent. Selon lui, les visions des pères fondateurs des indépendances ne sont plus respectées par la génération actuelle de dirigeants. Il a cependant tenu à distinguer cette autocritique de toute posture d’autoflagellation, soulignant l’existence de dirigeants, d’intellectuels et de responsables encore engagés pour l’avenir du continent.

Sur les causes de ce silence, Robert Dussey a évoqué un mélange de peur, de lâcheté, d’ignorance et d’inconscience, sans désigner nommément d’autres dirigeants africains. Il a affirmé que la responsabilité de redonner une voix à l’Afrique appartient d’abord aux Africains eux-mêmes.

Une réunion extraordinaire prévue à Lomé le 3 juillet

Pour dépasser les constats, le ministre togolais a annoncé la tenue le 3 juillet 2026 à Lomé d’une réunion extraordinaire de l’Alliance politique africaine, plateforme de concertation entre États africains qu’il présente comme un outil complémentaire à une Union africaine jugée trop alourdie par sa bureaucratie. La réunion sera consacrée aux répercussions économiques, financières et sécuritaires de la crise au Moyen-Orient sur les pays africains. Des États africains et des pays du Golfe y participeront afin d’engager un dialogue commun.

Robert Dussey a également insisté sur la nécessité pour l’Afrique de réduire sa dépendance dans le secteur pétrolier, notamment en développant des capacités locales de raffinage, pour atténuer l’impact des chocs extérieurs sur les économies du continent. La réunion de Lomé devrait aboutir à une déclaration finale commune, dont le contenu reste à définir selon les discussions.

6 réflexions au sujet de “Pour Robert Dussey, le silence de l'Afrique face aux crises s'explique par la peur et l'ignorance”

  1. Avec sa politique intérieure qui écrase les citoyens et viole tous les droits des citoyens togolais à vivre dans la liberté, la justice et la dignité, le gouvernement togolais peut il vraiment donner des leçons ou prendre un quelconque leadership en Afrique???

    Que les droits du peuple togolais soient respectés avant que le Togo ne s’intéresse aux affaires du continent.

    Répondre
  2. Les Africains ont peur et sont demeurés au 21e siècles ignorants jusqu’à ce point ? Je ne veux pas le croire. La réalité est ailleurs.
    En réalité, nous autres Africains noirs, nous sommes des jouisseurs, nous ne sommes pas des travailleurs, pas des lutteurs décidés et déterminés pour la cause commune.
    Cela ne pouvait pas être autrement. Car après des siècles d’esclavage et de colonisation, nous avons continué simplement là, où le colonisateur s’est arrêté, sans réflexion sur notre identité et sans une notion claire sur ce que nous voulons et qui soit convenable à notre société, à notre région et à nos populations.
    Africains Noirs, nous adorons les confortabilités créées par les autres pour nous : nous avons adopté la langue du colonisateur comme langue officielle dans nos États. Nous avons accepté les frontières tracées de nos États par le colonisateur. Le Programme éducatif et de formations est resté tel que le colonisateur avait formulé pour nous.

    Répondre
    • @ObaOlogoun
      En réalité, nous autres Africains noirs, nous sommes des jouisseurs, nous ne sommes pas des travailleurs, …
      En fait vous parlez de vous même , donc de votre cas (your case) à cause des allocations allemandes et donc européennes dont vous ne faites que sucer les douceurs.depuis votre arrivée ………
      Vous ne connaissez pas l’histoire de l’humanité …l’esclavage a démarré depuis le néolithique, partout sur la planète…quand vos ancêtres yoroubas venaient kidnapper les gens à Dassa, Savalou, Sakété, Abomey, Kpobè etc…; au néolithique éataient ce l’effet des colons? encore faut il que vous connaissiez le néolithique…pauvre écervelé….😗​👌….vous vous appeliez Napoléon….il y quelques années…

      Répondre
      • Merci Professeur Sanoussi MATAYER, effectivement ObaOlogoun a complètement perdu sa cognition….
        Pour l’aider, je lui précise que :
        – le néolithique est l’âge de la pierre polie! Soit 10000 av. J.-C
        Que ObaOlogoun parcours l’histoire de la Mésopotamie, s’il a fait le CE2

        Répondre
  3. Pour que les Africains Noirs puissent être actifs sur la scène internationale, il faudrait qu’ils laissent la jouissance, les émotions de côté pendant un temps et se consacrer à la réflexion et se distinguer dans les labeurs endurant comme le peuple chinois a eu à le faire en un demi-siècle. Nous devons aussi nous résoudre à renoncer aux cadeaux des autres peuples (souvent empoisonnés).
    La CEDEAO vit sous perfusion de l’union européenne, le siège de l’Union Africaine a été un cadeau construit par la Chine.
    Ia souveraineté comme l’indépendance ne se donnent pas, ils s’acquièrent dans dan les combats âpres de chaque jour pendant toute l’existence

    Répondre
  4. Le silence de l’Afrique par rapport aux s’explique par la peur et l’ignorance, hein, à commencer par le Togo où le système que Robert Dusseey défend écrase nos frères togolais à coups de kalachikov et de corps sans vie dans la lagune de beh depuis 60 ans.

    Répondre

Laisser un commentaire