Le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a publié samedi 11 avril 2026 un message sur X ciblant directement le président turc Recep Tayyip Erdogan, l’accusant de soutenir l’Iran et de mener des opérations meurtrières contre la population kurde. Cette sortie intervient le jour même où le parquet d’Istanbul annonçait des inculpations contre 35 hauts responsables israéliens, dont Nétanyahou lui-même.
Selon le Times of Israel, les procureurs turcs réclament au total plus de 4 500 ans de prison pour les personnes visées, parmi lesquelles figurent également le ministre de la Défense Israël Katz et le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir. Les charges retenues incluent crimes contre l’humanité, génocide et pillage, en lien notamment avec l’arraisonnement de la flottille turque au large de Gaza à l’été 2025.
Une réponse en miroir
Sur X, Nétanyahou a écrit qu’Israël « continuera de lutter contre le régime terroriste iranien et ses mandataires, contrairement à Erdogan qui les tolère et qui a massacré ses propres citoyens kurdes ». Ankara a répliqué dès le lendemain par un communiqué du ministère des Affaires étrangères qualifiant le Premier ministre israélien de « Hitler de notre époque », rappelant au passage le mandat d’arrêt émis contre lui par la Cour pénale internationale en 2024 pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité à Gaza.
Le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan est allé plus loin lundi 13 avril, affirmant qu’Israël cherchait à faire de la Turquie son « nouvel ennemi » après l’Iran, et que cette rhétorique relevait d’une « stratégie d’État » destinée à alimenter un besoin intérieur de mobilisation.
Un mandat international en toile de fond
Les inculpations turques s’ajoutent à une pression judiciaire internationale déjà significative. La CPI, dont 125 États sont membres, a émis en novembre 2024 des mandats d’arrêt contre Nétanyahou et Yoav Galant, contraignant théoriquement ces pays à procéder à leur arrestation en cas de présence sur leur territoire. Nétanyahou fait par ailleurs l’objet de poursuites judiciaires en Israël pour corruption, fraude et abus de confiance, des affaires dont le procès est toujours en cours à Tel-Aviv. Les inculpations turques, de portée symbolique selon le Times of Israel, ne sont pas exécutoires hors du territoire turc en l’absence d’un mécanisme d’entraide judiciaire bilatérale avec Israël.
