RDC : les États-Unis sanctionnent des commandants du M23 et des FDLR

Le Département du Trésor américain a annoncé, le 2 juin 2026, des sanctions contre deux hauts responsables de groupes armés actifs dans l’est de la République démocratique du Congo : un commandant des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et un officier du Mouvement du 23 mars (M23), désignés par l’Office of Foreign Assets Control (OFAC).

Les deux individus ciblés sont Gustave Kubwayo, commandant d’une unité de renseignement et d’opérations spéciales au sein des FDLR, et John Imani Nzenze, chef du renseignement du M23. Leurs avoirs aux États-Unis sont gelés et toute transaction impliquant des ressortissants américains leur est désormais interdite.

Deux groupes ennemis, une même pression

Le choix de sanctionner simultanément des responsables des deux camps reflète la position de Washington dans ce dossier : le Département d’État exige de Kinshasa qu’il neutralise les FDLR, milice à dominante hutu héritière des réseaux du génocide de 1994, tandis qu’il somme Kigali de retirer ses troupes du territoire congolais et de cesser tout soutien au M23. Le Rwanda nie soutenir ce dernier groupe, malgré les conclusions contraires des Nations unies.

L’OFAC avait déjà sanctionné, le 2 mars 2026, les Forces de défense du Rwanda (RDF) ainsi que quatre de leurs officiers supérieurs pour soutien opérationnel direct au M23. Fin avril 2026, l’ancien président congolais Joseph Kabila avait également été visé pour ses liens présumés avec le même mouvement rebelle.

Des accords de paix mis à l’épreuve

Ces mesures interviennent six mois après la signature des Accords de Washington pour la Paix et la Prospérité, conclus le 4 décembre 2025 à la Maison Blanche sous l’égide de Donald Trump. Tshisekedi et Kagame y avaient formalisé un cadre de cessez-le-feu et d’intégration économique régionale, complété par un Cadre de Doha négocié sous médiation qatarie avec la participation directe du M23.

Sur le terrain, les combats n’ont pas cessé. Quelques jours après la cérémonie de Washington, des éléments du M23 avaient pris le contrôle d’Uvira, ville stratégique du Sud-Kivu proche de la frontière burundaise, avant de se retirer sous pression américaine.

Le Trésor américain n’a pas précisé si d’autres désignations étaient prévues, mais a indiqué que les États-Unis continueraient à utiliser « tous les outils disponibles » pour faire respecter les engagements souscrits dans le cadre des accords de paix.

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