L’Arabie saoudite a officiellement mis en service Riyadh Air ce mercredi 10 juin 2026, avec un premier vol commercial reliant Riyad à Londres-Heathrow. La nouvelle compagnie, détenue à 100 % par le Fonds d’investissement public (PIF) saoudien, entre directement en compétition avec les trois géants de l’aviation du Golfe : Emirates, Qatar Airways et Etihad.
Le décollage intervient après plus d’un an de retards imputés aux difficultés de livraison de Boeing. Les deux premiers appareils — des 787-9 Dreamliner — ont atterri à l’aéroport international King Khalid de Riyad le 5 juin, en provenance des usines américaines de Charleston et d’Everett. Tony Douglas, directeur général britannique de la compagnie et ancien patron d’Etihad entre 2018 et 2022, a déclaré à l’AFP : « ramener le glamour, le raffinement et l’élégance dans le voyage aérien ».
Riyad contre Dubaï, Doha et Abou Dhabi
Le royaume cherche à transformer sa capitale en hub mondial de transit, concurrent direct de Dubaï, Doha et Abou Dhabi, qui concentrent depuis trois décennies l’essentiel du trafic aérien intercontinental entre l’Europe, l’Asie et l’Afrique. Un nouvel aéroport est en construction à Riyad, conçu pour traiter jusqu’à 120 millions de passagers annuels à l’horizon 2030, contre 53 millions aujourd’hui.
Riyadh Air dispose d’un atout que ses rivales n’ont pas : un marché intérieur de 35 millions d’habitants, le plus important de la péninsule Arabique. Certains analystes du secteur estiment néanmoins que le marché régional est déjà saturé, et que la compagnie devra s’imposer face à des opérateurs disposant de décennies d’avance en termes de réseau et de fidélisation.
200 000 emplois et 100 destinations visées
Yasir Al-Rumayyan, gouverneur du PIF et président de Riyadh Air, a annoncé lors de la cérémonie de réception des premiers appareils que la compagnie devrait générer 200 000 emplois directs et indirects, et contribuer à hauteur de 20 milliards de dollars au PIB non pétrolier du royaume, selon Arab News.
Riyadh Air prévoit de desservir 22 destinations internationales dès mars 2027, avant d’atteindre 100 villes dans le monde d’ici 2030. Ce calendrier coïncide avec deux échéances majeures pour l’Arabie saoudite : l’Exposition universelle de 2030 et la Coupe du monde de football 2034, que le royaume organisera sur son sol.



