La Russie a consacré environ 5,9 billions de roubles, soit près de 70 milliards d’euros, à son secteur de la défense au premier trimestre 2026, selon des données de l’Institut allemand pour les affaires internationales et de sécurité et des analyses de l’Institute for the Study of War (ISW). Ce volume de dépenses représente une hausse d’environ 30 % par rapport à la même période en 2025. Les mêmes données indiquent que ces montants couvrent une part significative des finances publiques russes, avec près de 46 % des dépenses fédérales orientées vers la défense sur la période étudiée.
Des dépenses classifiées en forte progression
Une partie importante de cette augmentation provient des dépenses dites secrètes. Les registres gouvernementaux russes montrent une progression de 43 % de ces crédits par rapport à l’année précédente. Ils représentent désormais 38,2 % des dépenses fédérales.
D’après les analyses de l’Institute for the Study of War, environ 85 % de ces fonds classifiés sont dirigés vers les forces armées. Cette orientation budgétaire traduit une concentration accrue des ressources sur les besoins militaires, dans un contexte de poursuite du conflit en Ukraine et de maintien des capacités opérationnelles. Aucune ventilation détaillée des programmes concernés n’a été rendue publique par les autorités russes pour cette période, ces lignes budgétaires restant en grande partie non transparentes.
Une industrie de défense sous pression et mobilisée
Ce niveau de dépenses s’appuie sur un appareil industriel militaire hérité de la période soviétique et structuré autour de grands groupes d’État, dont Rostec. Le secteur reste l’un des plus importants au monde en termes de volume de production et d’effectifs, avec une capacité de fabrication orientée vers les armements lourds, les munitions et les systèmes terrestres. Depuis 2022, divers rapports d’analystes de défense indiquent une réorganisation de la production afin de soutenir un effort de guerre prolongé, notamment par l’augmentation de la fabrication d’obus, de missiles et de véhicules blindés.
Cette dynamique s’accompagne d’un recours accru à des chaînes d’approvisionnement extérieures pour certains composants, notamment électroniques, en raison des restrictions imposées par les sanctions occidentales. Les données budgétaires du premier trimestre 2026 confirment une orientation durable de l’économie russe vers le secteur militaire, avec une part importante des ressources publiques absorbée par la défense. Les instituts de recherche spécialisés continuent de suivre l’évolution de ces dépenses, alors que les prochaines publications budgétaires permettront de confirmer si ce rythme se maintient sur les trimestres suivants de l’année 2026.



