Drones ukrainiens : la Russie contre-attaque et frappe une usine à Kiev

La guerre des drones franchit un nouveau palier entre Moscou et Kiev. La Russie a annoncé, samedi 11 juillet, avoir frappé dans la nuit des sites ukrainiens de fabrication de drones dans la capitale, une opération présentée par le ministère russe de la Défense comme une réponse aux récentes attaques contre des infrastructures civiles russes.

Moscou dit avoir visé deux sites de drones à Kiev

L’armée russe a lancé une nouvelle attaque nocturne contre Kiev, avec pour objectif déclaré des installations liées à l’industrie militaire ukrainienne. Le ministère russe de la Défense affirme que des armes de haute précision ont notamment visé le site d’Aerodron, présenté par Moscou comme une unité de production de véhicules aériens sans pilote.

Une autre installation, exploitée par Fanplit, aurait également été touchée. D’après la Défense russe, des drones Fire Point-2 y seraient assemblés et entreposés. Moscou soutient que les activités militaires du site auraient été dissimulées derrière une unité civile spécialisée dans la fabrication de contreplaqué et de meubles.

Ces affirmations sur la nature exacte des deux installations et les dégâts infligés n’ont pas été confirmées de manière indépendante. L’attaque contre la capitale ukrainienne est toutefois attestée par les autorités de Kiev. L’Associated Press rapporte que la Russie a lancé 12 missiles et 121 drones contre l’Ukraine durant la nuit, tandis que plusieurs bâtiments ont été endommagés dans la capitale. Au moins 11 personnes ont été blessées, dont un enfant.

Le ministère russe de la Défense a présenté l’opération comme « une réponse aux attaques terroristes de Kiev contre les infrastructures civiles russes ». Moscou établit ainsi un lien direct entre ses frappes et les récentes opérations ukrainiennes menées en profondeur sur le territoire russe.

Des ports de la région d’Odessa également ciblés

Les frappes russes ne se seraient pas limitées à Kiev. Le ministère de la Défense affirme avoir également visé les ports d’Izmaïl, de Tchernomorsk et de Ioujni, dans la région d’Odessa.

Selon Moscou, ces infrastructures serviraient de plateformes logistiques aux forces armées ukrainiennes. Des dépôts de carburant, des entrepôts de matériel militaire et des installations portuaires auraient figuré parmi les cibles.

La Russie n’a pas fourni, dans son communiqué, de bilan détaillé des dommages causés à chacune de ces installations. Les autorités ukrainiennes n’ont pas confirmé les allégations russes concernant l’ensemble des cibles militaires revendiquées.

Cette nouvelle salve intervient alors que les attaques à longue distance se multiplient de part et d’autre. Le 6 juillet, des drones ukrainiens ont atteint la raffinerie d’Omsk, en Sibérie occidentale. L’installation, la plus grande raffinerie de Russie, a ensuite interrompu ses opérations, selon deux sources industrielles citées par Reuters. La frappe figure parmi les opérations ukrainiennes les plus profondes menées en territoire russe depuis le début de la guerre.

Les frappes ukrainiennes contre le pétrole russe se multiplient

Deux jours après l’attaque d’Omsk, l’Ukraine a revendiqué une nouvelle vague d’opérations contre les infrastructures russes. Le 8 juillet, l’armée ukrainienne a annoncé avoir frappé trois raffineries ainsi que des pétroliers lors d’une vaste attaque nocturne de drones.

Les installations de TANECO et TAIF-NK, au Tatarstan, ainsi que la raffinerie de Saratov figuraient parmi les cibles annoncées par Kiev. Des navires en mer d’Azov et des infrastructures liées au transport pétrolier ont également été visés, selon les autorités ukrainiennes.

La Russie a, de son côté, déclaré avoir intercepté 178 drones ukrainiens lors de la dernière vague d’attaques. Les échanges de frappes aériennes se poursuivent désormais à un rythme soutenu, avec des drones capables d’atteindre des objectifs situés à plusieurs milliers de kilomètres des zones de combat.

Après l’attaque de Kiev du 11 juillet, aucun bilan officiel définitif des dommages causés aux sites Aerodron et Fanplit n’avait encore été communiqué par les autorités ukrainiennes.

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