Ousmane Sonko, président de l’Assemblée nationale sénégalaise, l’affirme sans détour : peu importe qui l’emportera mardi soir entre le Sénégal et la France, c’est l’Afrique qui sortira victorieuse du match. C’est dans un entretien accordé à France 24 et RFI, depuis Dakar le 15 juin, à la veille de la rencontre comptant pour la première journée du groupe I de la Coupe du monde 2026, que le responsable politique a développé cette lecture en plusieurs volets.
La rencontre au MetLife Stadium de New York ravive un souvenir précis : en 2002, lors d’un match d’ouverture aux mêmes configurations — Sénégal contre France, tenante du titre —, les Lions de la Teranga l’avaient emporté 1-0. Sonko dit souhaiter une répétition de ce scénario : « Je pense que le Sénégal va gagner. Je le souhaite en tout cas comme tous les Sénégalais. » Mais il ajoute aussitôt que le résultat sportif n’épuise pas la signification de la rencontre.
La composition des Bleus comme révélateur
Pour Sonko, la configuration de l’équipe de France montre à elle seule son propos : l’origine africaine d’une large partie de l’effectif tricolore suffit, selon lui, à établir que « quel que soit le vainqueur, c’est l’Afrique qui aura battu l’Afrique ». Il présente ce constat non comme une provocation, mais comme une « réflexion » sur la nature des relations entre la France et le continent africain — une réflexion que le match, dit-il, rend visible pour tous.
De cette lecture, Sonko tire un message adressé aux Africains : le continent dispose des ressources naturelles, d’une démographie jeune, d’une population essentiellement jeune et d’un positionnement géographique qui, selon lui, déplacent « l’échelle des besoins » loin de l’endroit où on la situe habituellement. Si les Africains « savent reconnaître leur propre valeur et l’assumer », a-t-il soutenu, les rapports de dépendance actuels perdent leur fondement.
Immigration et relations avec l’Occident en toile de fond
Sonko a explicitement relié cette conviction aux débats sur l’immigration. Selon lui, une prise de conscience africaine de la valeur du continent « ramènera le débat sur l’immigration » et sur « tout un tas de problématiques qui peuvent glisser entre l’Occident de manière générale et l’Afrique » — sans préciser davantage les mécanismes envisagés.
Ces déclarations interviennent dans une situation de recomposition des relations entre le Sénégal et la France depuis l’arrivée au pouvoir du président Bassirou Diomaye Faye en mars 2024, accompagné de Sonko au poste de Premier ministre, puis à la présidence de l’Assemblée. Dakar a depuis affiché une volonté de révision de plusieurs accords bilatéraux, notamment dans les secteurs de la défense et des ressources naturelles.
Le coup d’envoi du match France – Sénégal est fixé à 21h00 (heure française), soit 20h00 à Dakar, ce mardi 16 juin 2026 au New York New Jersey Stadium. La rencontre est diffusée sur M6 et beIN Sports 1 en France, et sur beIN Sports pour le public sénégalais.
