Valve a ouvert ce 22 juin les réservations de sa console de salon Steam Machine, avec un prix de départ fixé à 1 039 euros. L’éditeur américain a couplé cette annonce à un système de tirage au sort destiné à limiter la revente spéculative, après les déboires rencontrés lors du lancement de son Steam Controller en mai.
Un système de répartition aléatoire pour contrer la revente
Plutôt qu’une vente classique au premier arrivé, Valve a opté pour une inscription ouverte jusqu’au 25 juin à 19 heures, suivie d’un tirage unique déterminant l’ordre des réservations. Les personnes sélectionnées recevront un courriel le 25 juin leur indiquant leur position dans la file, ou leur placement sur liste d’attente. Les premières propositions d’achat seront envoyées à partir du 29 juin, sans obligation d’achat pour les inscrits tirés au sort.
L’entreprise applique une limite d’une candidature par foyer, en comparant les moyens de paiement et les adresses pour écarter les doublons. Un même joueur peut sélectionner plusieurs configurations, mais seule la version la plus chère parmi ses choix sera retenue en cas de tirage favorable ; les autres demandes basculent automatiquement vers la liste d’attente correspondante.
Cette mécanique répond directement à un problème survenu un mois plus tôt : le Steam Controller, vendu 99 euros, s’était écoulé en moins d’une demi-heure avant de réapparaître sur les plateformes de revente à des tarifs dépassant 200 euros.
Quatre configurations, toutes au-dessus de 1 000 euros
La console se décline en quatre versions. Le modèle d’entrée, doté d’un SSD de 512 Go, est proposé à 1 039 euros sans manette, ou 1 108 euros avec le Steam Controller inclus. La version haut de gamme, équipée de 2 To de stockage, grimpe à 1 359 euros nue et 1 428 euros avec la manette. Aucune configuration intermédiaire en 1 To n’est proposée.
Sous le capot, l’appareil embarque un processeur AMD Zen 4 à six cœurs et douze threads, une puce graphique RDNA 3 de 28 unités de calcul, 16 Go de mémoire DDR5 et 8 Go de VRAM GDDR6 dédiée — une architecture à mémoire séparée, contrairement aux consoles classiques qui partagent une mémoire unifiée. Le boîtier, un cube d’une quinzaine de centimètres de côté conçu pour se glisser sous un téléviseur, fonctionne sous SteamOS 3.
Ce tarif tranche nettement avec les estimations qui circulaient depuis l’annonce initiale du produit, en novembre 2025 : plusieurs analystes tablaient alors sur une fourchette proche de 600 à 700 dollars, dans la lignée des prix pratiqués par Sony et Microsoft. Valve attribue cet écart à la flambée des coûts de la mémoire vive et du stockage, qui a touché l’ensemble de l’industrie depuis le début de l’année et avait déjà contraint l’entreprise à revoir à la hausse le tarif du Steam Deck.
Une puissance annoncée entre Xbox Series S et PS5
Valve présente sa nouvelle machine comme six fois plus puissante que le Steam Deck, capable d’afficher de la 4K à 60 images par seconde grâce à l’upscaling FSR. Les premières analyses techniques, reprises notamment par Digital Foundry, situent toutefois ses performances réelles entre celles d’une Xbox Series S et d’une PlayStation 5, loin derrière une PS5 Pro malgré l’écart de prix en sa défaveur.
Les 8 Go de mémoire vidéo dédiée pourraient également constituer une limite sur les titres les plus récents, certains jeux exigeant déjà davantage pour tourner en haute définition sans compromis. Côté logiciel, la compatibilité s’appuie sur la couche Proton, qui permettrait de faire fonctionner la grande majorité du catalogue Windows de Steam sans intervention des développeurs, à l’exception notable des jeux intégrant des systèmes anti-triche au niveau du noyau.
L’appareil sera expédié directement par Valve aux États-Unis, au Canada, au Royaume-Uni, dans l’Union européenne et en Australie. Au Japon, à Taïwan et à Hong Kong, la distribution passera par un partenaire agréé, KOMODO. Les premières unités doivent partir à compter du 29 juin, dix ans après l’échec commercial de la première génération de Steam Machines, lancée en 2015.



