Donald Trump a rejeté ce vendredi 24 juillet les accusations russes selon lesquelles il arme l’Ukraine, renvoyant la responsabilité des livraisons vers les pays de l’OTAN. Sur son réseau Truth Social, le président américain a affirmé vendre son matériel militaire aux alliés européens, et non à Kiev, tout en reconnaissant ignorer la destination finale de ces équipements une fois livrés.
« Je ne vends pas d’armes à l’Ukraine, mais aux pays de l’OTAN », a-t-il écrit, précisant que ces pays « paient le prix fort » pour ce matériel. Il a également assuré conserver de bonnes relations avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky et son homologue russe Vladimir Poutine, malgré la poursuite du conflit.
Une accusation venue de Manille
Cette prise de position répond, sans le nommer explicitement, à l’avertissement lancé la veille par le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov. Lors d’un entretien avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio à Manille, aux Philippines, en marge d’un sommet ministériel de l’ASEAN, Lavrov a jugé « inacceptable » la poursuite des transferts d’armes vers ce qu’il désigne comme le régime de Kiev.
Selon un communiqué du ministère russe des Affaires étrangères, Moscou pose l’arrêt de ces livraisons comme condition préalable à toute négociation de paix crédible, une exigence répétée depuis le début du conflit en 2022.
Un soutien occidental constant depuis le début de la guerre
La défense de Trump s’appuie sur une réalité documentée : depuis février 2022, les pays occidentaux fournissent des équipements militaires à l’Ukraine, des armes légères initiales jusqu’aux systèmes d’artillerie plus lourds. Ce flux n’a jamais cessé, même s’il a changé de forme selon les administrations américaines successives.
C’est précisément ce changement de méthode que revendique Trump : plutôt que des dons directs financés par Washington, son administration privilégie la vente de matériel aux alliés de l’OTAN, à charge pour eux de le retransmettre à l’armée ukrainienne. L’ampleur de cet engagement transatlantique se mesure en chiffres : lors du sommet de l’OTAN à Ankara, les 32 pays membres se sont engagés à verser 70 milliards d’euros d’aide militaire à l’Ukraine pour la seule année 2026.
Deux positions inconciliables
L’échange entre Lavrov et Rubio à Manille n’a débouché sur aucune avancée diplomatique. Moscou exige l’arrêt des livraisons comme préalable à toute discussion, tandis que Washington maintient son dispositif via les canaux de l’OTAN, tel que défendu par Trump lui-même.
En évoquant à la fois Poutine et Zelensky sans trancher publiquement en faveur de l’un ou de l’autre, le président américain laisse planer une ambiguïté sur la suite des négociations. Aucune rencontre bilatérale n’a pour l’instant été annoncée entre les administrations américaine et russe pour approfondir ce dossier.



