Un intercepteur capable de suivre le rythme de tir de l’artillerie russe a été présenté le 20 juillet au salon aéronautique de Farnborough, en Angleterre. Baptisé Vorexon, ce système conçu par l’entreprise Destinus vise à protéger des sites stratégiques contre des tirs pouvant atteindre 20 000 obus par jour sur le front ukrainien.
Un système mono-étage à Mach 2,7
Doté d’un autodirecteur radar actif en bande Ku avec correction de trajectoire en vol, l’engin peut être guidé jusqu’à sa cible sous supervision d’un opérateur. Sa charge militaire pèse 8 kilogrammes pour un diamètre d’environ 160 millimètres, et sa portée atteint 20 kilomètres à une vitesse maximale de Mach 2,7, selon les données communiquées par son concepteur. Le tir peut s’effectuer depuis un lanceur en conteneur, monté sur véhicule ou installé de façon fixe.
Selon le PDG de Destinus, Mikhail Kokorich, Vorexon doit pouvoir neutraliser des roquettes d’artillerie tirées jusqu’à 150 kilomètres, des obus classiques, des missiles balistiques simples, des missiles de croisière et des bombes planantes. Le système est destiné à protéger des postes de commandement, des radars et batteries de défense aérienne, des dépôts de munitions, des ponts et des hubs logistiques, en complément des dispositifs existants.
Un coût aligné sur celui des menaces
Le prix unitaire annoncé se situe dans une fourchette de quelques centaines de milliers de dollars, un montant que Kokorich présente comme comparable à celui des roquettes visées. Cette approche tarifaire répond à un problème récurrent des systèmes de défense antimissile actuels, souvent bien plus coûteux que les projectiles qu’ils interceptent — un écart budgétaire qui limite leur usage prolongé lors d’un conflit de haute intensité. Le Dôme de fer israélien, référence du secteur, montre ce déséquilibre : son coût unitaire par tir, estimé entre 40 000 et 100 000 dollars, reste néanmoins nettement supérieur à celui de nombreux projectiles low-cost qu’il abat.
Des prototypes du Vorexon sont d’ores et déjà en vol en Espagne, où des essais à échelle réelle sont programmés pour 2027. La production en série est envisagée pour 2028, répartie entre l’Espagne et l’Allemagne.
Aucun client officiellement désigné
Destinus n’a pas confirmé de client de lancement, mais des discussions seraient en cours avec plusieurs pays européens, sans exclure l’Ukraine. Interrogé par Breaking Defense, Kokorich a indiqué que Kiev « est prête à acheter tout ce qui fonctionne ».
L’entreprise, basée aux Pays-Bas, produit déjà le RUTA Block 2, un mini-missile de croisière actuellement employé sur le front ukrainien face à la Russie. Destinus participe par ailleurs au consortium Bliksem EXO, un projet européen visant à développer un intercepteur exo-atmosphérique destiné aux missiles balistiques de portée moyenne et intermédiaire, positionnant Vorexon comme le maillon courte portée d’une gamme plus large.



