Trois flux d’intégration distincts remontent en même temps des laboratoires internes de Microsoft. Selon Windows Central, dont l’enquête a été reprise et recoupée par Android Authority et Windows Latest, le groupe de Redmond testerait actuellement plusieurs fonctions destinées à fondre le smartphone Android directement dans le système Windows 11, sans passer par l’application Phone Link. Rien n’a été officiellement confirmé, et aucun calendrier n’a été communiqué.
Trois briques techniques en cours de test
Le Phone Companion logé dans le menu Démarrer gagnerait en épaisseur : au lieu d’un simple raccourci vers Phone Link, il deviendrait un tableau de bord autonome où défileraient messages, photos et notifications, avec un contenu lisible directement au survol de la souris. Windows Forum rappelle qu’un premier panneau existe déjà depuis la mise à jour KB5055627 de mai 2025 ; la nouveauté porterait sur la profondeur du contenu affiché, pas sur le principe.
Une icône dédiée apparaîtrait aussi dans la zone de notification de la barre des tâches lorsque le téléphone est connecté. Un clic ouvrirait un panneau d’état avec des bascules rapides — mode Ne pas déranger, vibreur, localisation de l’appareil — et la possibilité de glisser un fichier dessus pour l’expédier vers le mobile.
Troisième axe : la synchronisation complète de l’historique du presse-papiers, alors que seul le dernier élément copié est aujourd’hui partagé entre les deux appareils. Windows News signale par ailleurs qu’une application Messages autonome serait en développement, permettant de lire et répondre aux SMS sans ouvrir Phone Link — une hypothèse tempérée par Windows Forum, qui précise que rien ne confirme un nouveau réseau de messagerie propre à Microsoft ni un remplacement total de l’application native du téléphone.
Un chantier bâti sur une architecture déjà en service
Cette bascule ne part pas de zéro. Une couche logicielle baptisée Continuity SDK fait déjà tourner une fonction de reprise d’activité sur la barre des tâches, documentée par Windows Latest : dès qu’une action est lancée sur le mobile — ouvrir un lien, un document, une piste musicale —, un identifiant de cette action est relayé au PC, qui peut alors la reprendre automatiquement grâce à un service interne nommé Cross Device Experience Host. Cette brique reste toutefois une fonctionnalité à accès limité, réservée aux constructeurs ayant intégré le SDK — à ce jour Samsung, Honor, Huawei, Oppo et vivo.
L’écart avec Apple, souvent cité en creux dans ces annonces, tient à l’absence de fermeture équivalente à iOS : la documentation Microsoft indique explicitement que les applications iOS ne sont pas prises en charge par le Continuity SDK pour l’instant, ce qui cantonne les iPhone à une intégration plus superficielle — accès aux photos et messages via l’app existante, sans les nouveaux volets partagés.
Une question de sécurité laissée en suspens
Le passage d’un presse-papiers limité au dernier élément copié à un historique complet partagé entre deux appareils soulève une question que la presse américaine, contrairement aux relais français, met en avant : celle des données professionnelles sensibles — mots de passe, informations clients, messages internes — qui transiteraient potentiellement entre un téléphone personnel et un poste de travail géré par une entreprise. Windows News note qu’aucun paramètre de stratégie de groupe ni de gestion d’appareils mobiles n’a pour l’instant été documenté par Microsoft pour encadrer ces prototypes.
Ce mouvement s’articule avec la refonte plus large que Microsoft prépare pour Windows 11 en 2026, incluant une réorganisation de la barre des tâches et une pression accrue sur les développeurs pour livrer des applications pleinement natives plutôt que des habillages web.
Aucune de ces fonctionnalités n’est disponible dans les canaux Windows Insider actuels, qu’il s’agisse de Dev, Beta ou Canary. La prochaine étape concrète à surveiller reste l’apparition d’une première build de test sur l’un de ces canaux, seul indicateur tangible d’un calendrier de déploiement à ce stade.
