Arabie saoudite : cinq migrants éthiopiens exécutés sans procès équitable, 79 autres menacés

Cinq migrants éthiopiens ont été exécutés en Arabie saoudite le 27 juillet 2026, sans avocat ni interprète lors de leur procès. Les faits reprochés concernaient un trafic de stupéfiants n’ayant fait aucune victime, selon un rapport de Human Rights Watch (HRW).

Le nombre de ressortissants éthiopiens mis à mort pour des accusations liées à la drogue atteint désormais au moins 17 depuis janvier 2026. HRW estime qu’au moins 79 autres migrants originaires d’Éthiopie encourent le même sort dans un avenir proche.

Des procès bâclés, sans défense ni traducteur

Plusieurs des personnes exécutées n’auraient disposé d’aucune assistance pour comprendre les charges retenues contre elles, faute d’interprète disponible pendant leur passage devant la justice. La chercheuse Joey Shea, en charge du dossier saoudien pour HRW, dénonce des « audiences expédiées en quelques minutes, sans avocat », ciblant selon elle des populations migrantes précarisées. Elle estime que ces procédures reviennent à traiter la vie des accusés comme « jetable ».

Un cas antérieur, daté du 23 juin 2026, avait déjà suscité l’indignation de l’organisation : cinq Éthiopiens y avaient été exécutés pour trafic présumé de haschisch. L’un d’eux transportait en réalité du khat, une plante aux vertus stimulantes cultivée en Éthiopie, imposée par un passeur en échange de son passage clandestin depuis le Yémen. Cette plante reste consommée librement dans certaines régions d’origine du condamné, mais sa possession constitue une infraction pénale sur le sol saoudien, une législation que l’intéressé ignorait, selon les témoignages recueillis.

Riyad, troisième bourreau mondial derrière Pékin et Téhéran

Le décompte général des mises à mort dans le royaume s’élève à 116 depuis le 1er janvier 2026, toutes infractions confondues, d’après l’Organisation euro-saoudienne pour les droits humains. Ce chiffre place l’Arabie saoudite derrière la Chine et l’Iran parmi les États exécutant le plus au monde. En 2025 déjà, près de sept condamnations à mort sur dix dans le pays sanctionnaient des infractions liées aux stupéfiants, une proportion jamais démentie depuis.

Le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire a estimé que ce type de sanction capitale sort du champ des « crimes les plus graves » reconnus par le droit international, appelant Riyad à rétablir un moratoire suspendu depuis plusieurs années.

Le clergé éthiopien et Addis-Abeba montent au créneau

Le patriarche de l’Église orthodoxe éthiopienne Tewahedo avait personnellement interpellé Riyad et Addis-Abeba dès le 12 mai 2026 pour réclamer l’arrêt de ces exécutions. Le ministère éthiopien des Affaires étrangères a de son côté assuré, le 13 juillet, maintenir un dialogue suivi avec les autorités saoudiennes sur ce dossier sensible.

La diaspora éthiopienne installée en Arabie saoudite se compterait en centaines de milliers de personnes, nombre d’entre elles ayant fui le conflit armé qui a ravagé le nord de leur pays ces dernières années. Aucune déclaration officielle du gouvernement saoudien n’avait été émise au moment de la publication du rapport.

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