L’ambassade des États-Unis à Riyad a relevé son alerte voyage au niveau 3 mercredi, appelant les citoyens américains à reconsidérer tout déplacement vers l’Arabie saoudite. Cette décision s’appuie sur la menace persistante de frappes de drones et de missiles iraniens contre des intérêts américains sur le sol du royaume, selon l’avis publié par l’ambassade.
Une zone frontalière classée en interdiction totale
Contrairement au reste du territoire saoudien, la bande frontalière avec le Yémen est, elle, placée en niveau 4, soit une interdiction pure et simple de s’y rendre, en raison de la menace terroriste. L’avis évoque également des risques liés aux conflits armés en cours, aux interdictions de sortie du territoire imposées à certains ressortissants ainsi qu’aux lois locales encadrant l’activité sur les réseaux sociaux. Selon l’ambassade, « certaines zones présentent un risque accru », une formule qui vise directement les régions proches de la frontière sud du royaume.
Cette annonce fait suite à une escalade ininterrompue depuis l’ouverture des hostilités entre Washington et Téhéran le 28 février dernier. Le département d’État avait déjà ordonné, le 8 mars, le départ du personnel gouvernemental non essentiel et des familles présentes dans le pays, amendant une première autorisation de départ délivrée cinq jours plus tôt.
Les Houthis gagnent du terrain à l’ouest du Yémen
Les forces houthies, soutenues par l’Iran, ont lancé début septembre une offensive éclair sur la côte occidentale du Yémen. Le port de Moka est tombé sous leur contrôle le 10 septembre, verrouillant un accès direct au détroit stratégique de Bab al-Mandeb, situé un peu plus au sud. Selon les Nations unies, les rebelles contrôlent désormais l’ensemble du littoral yéménite de la mer Rouge et ont pris pied sur les îles Hanish, plus au nord de ce passage maritime par lequel transitent environ 12 % du commerce mondial. Cette progression intervient alors que le détroit d’Ormuz reste largement paralysé par la confrontation entre l’Iran et les forces américaines et israéliennes, ce qui fait de Bab al-Mandeb une voie de contournement pour les exportations pétrolières saoudiennes.
Les combats se sont accompagnés d’attaques directes des Houthis contre le territoire saoudien : selon Al Jazeera, le mouvement a revendiqué le tir de dizaines de missiles balistiques et de drones contre la base aérienne du roi Khaled, à Khamis Mushait, en représailles à une offensive saoudienne ayant mobilisé plus de 300 frappes aériennes en cinq jours. Un oléoduc saoudien endommagé lors d’une précédente attaque pourrait rester hors service pendant trois à cinq semaines, une situation qui a fait grimper les cours mondiaux du pétrole de plus de 2 %. L’intensification des combats a déplacé près de 86 000 personnes selon l’Organisation internationale pour les migrations, dont plus de 2 000 ayant fui jusqu’à Djibouti.
Des consignes de sécurité renforcées pour les résidents
L’ambassade recommande aux citoyens américains présents sur place de garder leurs documents de voyage accessibles, d’éviter les rassemblements et lieux touristiques très fréquentés, et de préparer des plans de départ ne reposant pas sur une assistance gouvernementale, les capacités d’intervention d’urgence de Washington restant limitées dans le royaume. Les vols commerciaux demeurent opérationnels au départ de l’Arabie saoudite, bien que significativement perturbés par les restrictions de trafic aérien liées aux tirs de missiles.



