Une nouvelle offensive contre le paludisme prend forme au Bénin. Le ministre de la Santé, Benjamin Hounkpatin, a lancé, le mardi 30 juin à Cotonou, le projet « Action intégrée pour la prévention du paludisme : partenariat public-privé et engagement local des jeunes au Bénin ». Financée par le Japon à hauteur de 2,3 millions de dollars, cette initiative introduit notamment l’utilisation de drones, de la cartographie géo-spatiale et de l’intelligence artificielle pour améliorer la prévention de la maladie.
La cérémonie de lancement s’est déroulée en présence de l’ambassadeur du Japon près le Bénin, Uezono Hideki, et de la représentante adjointe de l’UNICEF au Bénin, Aude Rigot, ainsi que de plusieurs acteurs du secteur de la santé.
Des drones pour cibler les gîtes larvaires
Le projet prévoit le déploiement de drones afin de diffuser des larvicides dans les zones identifiées comme les plus exposées à la prolifération des moustiques. Les données issues de la cartographie géospatiale et de l’intelligence artificielle permettront de localiser avec davantage de précision les gîtes larvaires et d’orienter les interventions sur le terrain.
L’initiative combine plusieurs approches de prévention, notamment la lutte antivectorielle, la vaccination et la mobilisation communautaire. Six communes pilotes ont été retenues pour cette première phase : Copargo, Djougou, Tchaourou, Ouidah, Abomey-Calavi et Cotonou.
Selon les autorités sanitaires, cette stratégie doit permettre d’améliorer la surveillance environnementale tout en renforçant l’efficacité des actions destinées à limiter la reproduction des moustiques.
Le gouvernement mise sur l’innovation
Pour le ministre de la Santé, ce programme apporte de nouveaux outils dans la prévention du paludisme. Il a indiqué que le larvicide retenu est homologué par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et que son utilisation respectera les normes internationales de sécurité.
« Grâce à l’utilisation des drones, il est désormais possible d’intervenir avec davantage de précision, de rapidité et d’efficacité, même dans les zones difficilement accessibles », a déclaré Benjamin Hounkpatin.
Le paludisme demeure l’une des principales causes de consultation et d’hospitalisation au Bénin, en particulier chez les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes. Les campagnes de distribution de moustiquaires imprégnées, la prise en charge précoce des cas et la prévention constituent les principaux axes de la stratégie nationale de lutte contre cette maladie.
Le Japon et l’UNICEF accompagnent le projet
La représentante adjointe de l’UNICEF au Bénin, Aude Rigot, a souligné que le projet accorde une place importante à la participation des jeunes, des relais communautaires et des leaders locaux, appelés à contribuer aux actions de sensibilisation et au suivi des interventions sur le terrain.
De son côté, l’ambassadeur du Japon, Uezono Hideki, a indiqué que cette coopération s’aligne sur les priorités de la vision nationale « Bénin 2060 Alafia, un monde de splendeurs » ainsi que sur les engagements pris dans le cadre de la TICAD9, qui accorde une attention particulière au renforcement des systèmes de santé en Afrique.
Le déploiement opérationnel du projet va désormais se poursuivre dans les six communes pilotes, où les premières actions de cartographie, de traitement des gîtes larvaires et de mobilisation communautaire sont attendues dans les prochains mois.
