Ebola : l'OMS exclut toute éradication définitive et appelle à une vigilance permanente en RDC

La représentante de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en République démocratique du Congo (RDC), Anne Ancia, a averti que le virus Ebola constituera une menace durable sur le continent africain, y compris une fois la flambée actuelle jugulée. Ces déclarations ont été faites dans un entretien accordé au magazine Le Point, publié le 15 juin 2025. Au 14 juin, les autorités sanitaires congolaises recensaient 782 cas d’infection confirmés et 181 décès liés à la maladie, selon les données officielles communiquées par Kinshasa.

Une zoonose ancrée dans les écosystèmes forestiers

Anne Ancia a rappelé qu’Ebola est une zoonose, c’est-à-dire une maladie transmissible de l’animal à l’homme. Le virus circule naturellement chez certaines espèces de chauves-souris, réservoirs animaux identifiés depuis les premières grandes épidémies des années 1970. L’extension des activités humaines vers les zones forestières, liée à la pression démographique et à l’exploitation des ressources naturelles, multiplie les points de contact entre populations et faune sauvage, augmentant la probabilité de nouveaux passages du virus à l’homme.

Méfiance locale et instabilité, deux freins à la réponse sanitaire

L’OMS se heurte à des obstacles structurels dans la conduite de ses opérations à l’est du pays. Une partie de la population locale remet en cause l’existence même de la maladie, contraignant l’organisation à privilégier le dialogue communautaire plutôt que les mesures coercitives. Le conflit armé qui affecte l’est de la RDC depuis plusieurs années perturbe l’accès aux zones d’intervention et fragilise les chaînes logistiques. La réduction des financements internationaux, liée au retrait de plusieurs bailleurs de fonds, pèse sur les capacités opérationnelles des équipes déployées sur le terrain.

Anne Ancia a indiqué que l’objectif de l’OMS dépasse la seule gestion de l’épidémie en cours : renforcer durablement les systèmes de santé nationaux et améliorer les mécanismes de surveillance épidémiologique afin d’anticiper les prochaines flambées. Le vaccin rVSV-ZEBOV, homologué depuis 2019 et déjà utilisé lors de précédentes épidémies en RDC, fait partie des outils mobilisés dans la réponse actuelle.

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