Ebola : Moscou mise sur ses vaccins pour éviter des cas importés en Russie

La Russie n’a signalé aucun cas d’Ebola sur son territoire depuis le début de l’épidémie actuelle en Afrique centrale, mais le ministère russe des Affaires étrangères prend les devants. Anatoli Bachkine, directeur du département des États d’Afrique subsaharienne au ministère, a déclaré à l’agence TASS que Moscou espère éviter tout cas importé grâce à ses futurs vaccins.

Deux cas déjà importés en Europe

Le risque n’a rien de théorique. Selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), un premier cas importé a touché un citoyen américain évacué vers l’Allemagne en mai 2026, avant qu’un second cas ne soit confirmé en France le 24 juin par le ministère de la Santé. Un troisième cas, chez un humanitaire américain travaillant en République démocratique du Congo, a été signalé par les CDC américains le 10 juillet, puis évacué vers Allemagne trois jours plus tard.

Si l’on ne parvient pas à l’endiguer, des cas importés pourraient être enregistrés, comme ce fut déjà le cas en France, a averti le diplomate russe. Il a ajouté espérer que l’apparition de nos vaccins permettra de freiner cette dynamique.

Un bilan qui dépasse les 2 000 cas

L’épidémie, déclarée officiellement le 15 mai 2026 par les autorités congolaises, est la 17e recensée en RDC depuis 1976. Elle est causée par la souche Bundibugyo, contre laquelle aucun vaccin ni traitement n’est aujourd’hui homologué. Au 16 juillet, le pays comptait 2 124 cas confirmés et 828 décès associés, avec 725 patients encore hospitalisés en isolement, selon les chiffres de l’ECDC. Les 51 nouveaux cas enregistrés sur la dernière période recensée provenaient majoritairement de la province de l’Ituri.

L’Ouganda, où la propagation est restée plus limitée, a de son côté franchi une étape le 16 juillet : le dernier patient traité au centre national d’isolement de Mulago, à Kampala, en est sorti. Le pays a lancé le compte à rebours réglementaire de 42 jours avant de pouvoir officiellement déclarer la fin de son épidémie.

Un vaccin russe encore non homologué

Bachkine a rappelé que l’ampleur actuelle reste sans commune mesure avec l’épidémie de 2014-2016 en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone, qui avait fait plus de 11 300 morts pour environ 29 000 cas recensés. Le foyer actuel est bien moins étendu, a-t-il relevé, mais cela ne signifie pas qu’il est moins dangereux, car le virus se propage assez facilement.

Aucun calendrier précis n’a été communiqué par Moscou concernant la disponibilité de son vaccin contre la souche Bundibugyo. De son côté, l’Agence sanitaire de l’Union africaine (Africa CDC) avait annoncé en mai viser la mise à disposition d’un vaccin et d’un traitement homologués d’ici la fin de l’année 2026. L’Organisation mondiale de la santé a par ailleurs identifié plusieurs candidats thérapeutiques susceptibles d’être testés en essais cliniques, faute de solution approuvée à ce jour contre cette souche particulière du virus.

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