Bénin : la BAD prévoit 7 % de croissance en 2026 mais appelle à mieux orienter les financements

Une croissance économique de 7 % est projetée pour le Bénin en 2026, mais la Banque africaine de développement (Bad) conditionne cette performance à une meilleure orientation des financements mobilisés. Le Rapport pays 2026 de l’institution, présenté ce mercredi 29 juillet à Cotonou, prévoit également un taux de 7,1 % en 2027, avec un déficit budgétaire ramené à 2,6 %, puis à 2,4 % du produit intérieur brut.

Le pays figure parmi les économies les plus dynamiques d’Afrique de l’Ouest, avec une croissance passée de 7,2 % en 2021 à 8,1 % en 2025, après 7,5 % en 2024, portée notamment par les travaux publics, le textile et l’agroalimentaire, selon les données de la Bad. Cette dynamique s’appuie en grande partie sur les investissements dans les projets d’infrastructure et les capitaux étrangers injectés dans l’expansion de la Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ), ainsi que sur la modernisation du port de Cotonou. L’investissement et l’amélioration des exportations ont constitué les principaux moteurs de la croissance en 2025, selon la Bad, tandis que les crédits accordés au secteur privé ont progressé de 15 % sur la même période.

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Une efficacité des investissements jugée insuffisante

Le document alerte sur les risques associés à un recours accru aux marchés financiers internationaux. La soutenabilité de la dette dépend, selon le rapport, de l’orientation des ressources vers des projets productifs plutôt que vers des dépenses courantes. L’efficacité des investissements publics est chiffrée à 56 %, un niveau que la Bad juge insuffisant et qui justifie, selon elle, un effort sur la préparation et le suivi des projets. Le rapport insiste sur la nécessité de passer de la quantité à la qualité des financements.

Une garantie de crédit pour orienter 500 millions d’euros vers les ODD

Serge Dossou-Yovo, directeur général du Financement du développement à la Bad, a présenté un exemple concret de cette approche qualitative. Il a évoqué l’approbation récente d’une garantie partielle de crédit de 200 millions d’unités de compte, un mécanisme censé mobiliser 500 millions d’euros pour des investissements alignés sur les Objectifs de développement durable. Cette garantie montre la volonté de flécher les capitaux vers des secteurs à fort impact, plutôt que de multiplier les emprunts sans ciblage précis.

Une gouvernance renforcée réclamée pour le futur fonds souverain

Ghislain Hologan, conseiller technique aux financements internationaux, a plaidé pour une meilleure préparation des projets ainsi qu’une gouvernance indépendante du futur fonds souverain béninois. Cette recommandation intervient alors que le pays cherche à diversifier ses sources de financement au-delà de l’aide traditionnelle, tout en évitant une dérive de l’endettement.

Le rapport a été présenté par le Dr Tankien Dayo, économiste pays principal de la Bad. Olivier Pognon, directeur de l’Alsf, a lu le message du représentant pays de la Bad, Robert Masumbuko, affirmant que le Bénin continue de renforcer progressivement sa résilience économique malgré un contexte international complexe.

Les prévisions de croissance à 7 % pour 2026 confirment ainsi la trajectoire favorable du Bénin, mais la Bad conditionne la pérennité de cette dynamique à un pilotage plus rigoureux des financements, entre efficacité des investissements publics et gouvernance renforcée des ressources mobilisées.

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