Trente millions d’euros pour ériger un nouveau symbole culturel à Cotonou : les députés béninois ont entériné vendredi 10 juillet 2026, au Palais des Gouverneurs de Porto-Novo, une convention de financement signée avec l’Agence française de développement (AFD) pour bâtir le futur Musée d’Art contemporain de Cotonou (MACC). Le montage financier associe un prêt de 25 millions d’euros et une subvention de 5 millions d’euros.
Un montage financier à conditions avantageuses
La Commission de l’éducation, de la culture et des affaires sociales de l’Assemblée nationale a examiné les termes de cet emprunt avant sa validation en plénière. Convertis au taux fixe de parité entre l’euro et le franc CFA (1 euro pour 655,957 francs CFA), les 25 millions d’euros de prêt représentent environ 16,4 milliards de francs CFA. Selon les précisions apportées aux parlementaires, les conditions accordées par l’AFD resteraient favorables au Trésor béninois, avec des échéances de remboursement étalées dans le temps.
Le ministre de la Culture, des Arts et du Patrimoine, Yassine Latoundji, a défendu le projet devant l’hémicycle en insistant sur sa portée économique plus que patrimoniale. « C’est un projet économique qui accompagnera les industries culturelles et créatives et générer des emplois, des activités urbaines et des revenus pour tout l’écosystème », a-t-il déclaré à la tribune.
Un budget qui dépasse la seule construction
L’enveloppe globale ne se limite pas à sortir de terre les murs du futur musée. Le ministre a précisé qu’une part du financement serait fléchée vers l’ingénierie muséale, la formation des futurs personnels et le lancement opérationnel de l’établissement. Une attention particulière serait accordée à l’insertion des femmes dans les métiers des industries culturelles et créatives, secteur que les autorités béninoises jugent porteur pour l’économie nationale.
Le MACC viendrait compléter un chantier muséal engagé par l’exécutif béninois depuis 2016, année où plusieurs projets de valorisation patrimoniale ont été lancés simultanément. À Ouidah, le Musée international de la Mémoire et de l’Esclavage avance dans sa phase de finalisation. À Porto-Novo, le Musée international du Vodun poursuit sa conception. À Abomey, le Musée des Rois et des Amazones, adossé au site classé au patrimoine mondial de l’Unesco, doit rouvrir après des années de travaux. Cotonou, capitale économique du pays, deviendrait ainsi le pôle dédié à la création contemporaine, complétant un dispositif national organisé autour de la mémoire, du culte vodun et de l’histoire royale.
Une stratégie de rayonnement international
Au-delà du bâtiment, le gouvernement béninois présente ce projet comme un outil de diplomatie culturelle. Le ministre Latoundji a assuré que le financement intégrerait un accompagnement stratégique destiné à accroître la visibilité des artistes béninois hors du continent. L’AFD, déjà présente dans plusieurs secteurs au Bénin, dont les infrastructures et l’énergie, renforce avec cet accord son engagement dans le champ culturel national. Le texte adopté vendredi doit désormais être transmis pour ratification définitive, avant l’ouverture des travaux de construction du MACC, dont le calendrier précis n’a pas encore été communiqué par les autorités béninoises.
