Le Burkina Faso franchit une nouvelle étape dans le renforcement de son système énergétique. Africa Finance Corporation (AFC) a annoncé, mercredi 8 juillet, le décaissement d’une première tranche de 60 millions de dollars destinée à financer la construction d’une centrale thermique de 119 mégawatts à Ouagadougou. Développée par Aksa Enerji, cette infrastructure est appelée à devenir la plus importante jamais réalisée dans le pays.
Le versement correspond au premier décaissement d’une ligne de crédit de 300 millions de dollars accordée au groupe énergétique turc. L’objectif affiché est d’accroître la capacité nationale de production d’électricité et de réduire fortement le recours aux importations, alors que la consommation continue de progresser sous l’effet de la croissance démographique et du développement des activités industrielles.
Une centrale de 119 MW attendue en 2027
Selon Africa Finance Corporation, la future centrale affichera une capacité installée de 119 MW et devrait entrer en exploitation en 2027. L’institution financière estime qu’elle permettra de diminuer de plus de moitié les importations d’électricité du Burkina Faso, améliorant ainsi la sécurité de l’approvisionnement national.
Le projet sera réalisé par Aksa Enerji Üretim A.Ş., entreprise turque spécialisée dans la production d’électricité. Le financement annoncé cette semaine constitue une étape décisive pour le lancement effectif des travaux.
« Sans une alimentation électrique fiable, les pays ne peuvent pas s’industrialiser, les entreprises ne peuvent pas se développer et les communautés ne peuvent pas réaliser leur plein potentiel économique », a déclaré Samaila Zubairu, président-directeur général de Africa Finance Corporation.
Une dépendance aux importations appelée à diminuer
Le projet répond à un défi majeur pour le Burkina Faso. D’après les données communiquées par Africa Finance Corporation, le pays couvre encore près de 60 % de ses besoins en électricité grâce aux importations, principalement en provenance de la Côte d’Ivoire et du Ghana.
La mise en service de cette centrale doit contribuer à renforcer la production locale afin de limiter cette dépendance. Les autorités burkinabè poursuivent également plusieurs investissements dans les infrastructures énergétiques et les énergies renouvelables afin d’améliorer l’accès à l’électricité au cours des prochaines années.
Un calendrier revu depuis l’annonce du projet
Le projet n’est pas nouveau. Aksa Energy avait annoncé, le 25 novembre 2025, la signature d’un contrat d’achat d’électricité d’une durée de vingt ans avec la Société nationale d’électricité du Burkina (Sonabel). L’entreprise prévoyait alors la construction d’une centrale fonctionnant au fioul à Ouagadougou, avec une mise en service envisagée au quatrième trimestre 2026.
Le calendrier a depuis été ajusté. Africa Finance Corporation table désormais sur une entrée en exploitation en 2027, une échéance qui accompagne la finalisation du financement et le lancement des différentes phases de réalisation. Le premier versement de 60 millions de dollars ouvre ainsi la voie à la concrétisation de ce projet, appelé à devenir la plus grande centrale électrique jamais construite au Burkina Faso.
