Burkina Faso : le ministre togolais Robert Dussey reçoit une distinction du président Traoré

Une décoration scelle un rapprochement diplomatique déjà bien engagé entre Lomé et Ouagadougou. Le Professeur Robert Dussey, ministre togolais des Affaires étrangères, de la Coopération, de l’Intégration africaine et des Togolais de l’extérieur, a été élevé ce 6 juillet à la dignité de Commandeur de l’Ordre des Étalons, l’une des plus hautes distinctions honorifiques du Burkina Faso, à l’occasion d’une visite officielle à Ouagadougou.

Une médaille remise par le président du Faso

La médaille a été décernée par le Capitaine Ibrahim Traoré, président du Faso et président en exercice de la Confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES), à Robert Dussey. Au nom du président du Conseil togolais, Faure Essozimna Gnassingbé, le ministre a exprimé sa profonde gratitude envers le chef de l’État burkinabè, saluant l’excellence des relations d’amitié et de coopération entre le Togo et le Burkina Faso. Il a également adressé ses remerciements au peuple burkinabè pour cette marque d’estime. Sur les réseaux sociaux, Robert Dussey a résumé sa reconnaissance en quelques mots : « Merci au peuple Burkinabè, grand grand merci à vous. »

L’Ordre des Étalons, institué en 1961 sous la République voltaïque, distingue traditionnellement des personnalités ayant rendu des services jugés exceptionnels à la nation burkinabè, qu’elles soient nationales ou étrangères. Son attribution à un ministre togolais en exercice intervient dans un climat de réchauffement continu entre Ouagadougou et Lomé, deux capitales qui multipliaient depuis plusieurs mois les gestes de rapprochement.

Une diplomatie togolaise déjà active sur plusieurs fronts

Le Togo avait présenté le 18 avril 2026 à Lomé une nouvelle stratégie pour le Sahel, courant jusqu’en 2028, articulée autour du dialogue politique avec l’AES, de la coopération sécuritaire et du renforcement de l’intégration économique régionale. Le pays s’était alors positionné comme un intermédiaire entre les trois États sahéliens sortis de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) — le Mali, le Niger et le Burkina Faso — et les partenaires internationaux.

Ouagadougou avait salué cette implication togolaise dans la rédaction de la stratégie régionale. Le chef de la diplomatie malienne, Abdoulaye Diop, avait lui-même souligné l’importance d’associer les pays de l’AES à toute initiative les concernant directement. Lomé mise également sur son port en eau profonde pour se positionner comme hub logistique des États sahéliens enclavés, une carte que le gouvernement togolais présente comme un atout économique majeur pour ses voisins privés d’accès à la mer.

La distinction accordée à Robert Dussey s’ajoute à une série d’initiatives togolaises visant à consolider un rôle de médiateur régional, entre les blocs Cédéao et AES, dans une Afrique de l’Ouest recomposée depuis la rupture actée par les trois pays de l’AES avec l’organisation ouest-africaine. Le ministère togolais des Affaires étrangères n’a pas communiqué à ce stade sur d’éventuelles suites concrètes de cette visite à Ouagadougou, ni sur un possible accord bilatéral qui accompagnerait cette reconnaissance protocolaire.

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