Le Togo a réuni samedi 18 avril 2026, au Palais des Congrès de Lomé, des représentants de l’Alliance des États du Sahel (AES) et de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) pour le lancement officiel de sa nouvelle stratégie pour le Sahel, couvrant la période 2026-2028. La rencontre, placée sous le patronage du président du Conseil Faure Gnassingbé, a réuni des ministres des Affaires étrangères du Mali, du Niger et du Burkina Faso, aux côtés de délégués de la CEDEAO, des Nations unies et de représentants européens.
Une stratégie bâtie sur cinq piliers
La nouvelle feuille de route, présentée par le ministre togolais des Affaires étrangères Robert Dussey, succède à la stratégie adoptée en 2021. Elle est structurée autour de cinq axes : le dialogue politique avec l’AES, le bon voisinage et la coexistence pacifique, la coopération économique sous-régionale, la lutte contre le terrorisme, et la diplomatie régionale et internationale. « Le Togo est et sera toujours aux côtés des pays frères du Sahel pour bâtir des ponts là où d’autres érigent des murs », a déclaré Robert Dussey lors de la cérémonie.
L’AES salue l’initiative, le Burkina monte au créneau
Les ministres malien Abdoulaye Diop et nigérien ont apporté leur soutien public à l’initiative togolaise. Le Burkina Faso était représenté par une délégation de la Commission nationale de la Confédération AES, conduite par son président Bassolma Bazié, qui a dénoncé ce qu’il a qualifié d’ingérence de certaines puissances étrangères dans la gouvernance africaine. La présence simultanée de délégués de l’AES et de la CEDEAO illustre la position singulière du Togo, seul pays frontalier du Burkina Faso à être resté membre de l’organisation régionale après les départs de 2023-2024.
Un agenda diplomatique chargé pour Lomé
La réunion était structurée en six sessions thématiques. L’AES regroupe trois États — Mali, Burkina Faso et Niger — représentant près de 80 millions d’habitants et environ 62 milliards de dollars de PIB combiné, selon les données disponibles. La stratégie Togo-Sahel 2026-2028 doit faire l’objet d’un suivi formel entre Lomé et ses partenaires sahéliens, sans qu’un calendrier précis de révision n’ait été rendu public à l’issue de la réunion.
