La monnaie unique ECO sera lancée en 2027, a confirmé la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao). Seuls les pays remplissant les critères de convergence économique intégreront cette première phase, selon la décision actée dimanche 19 juillet à Lungi, en Sierra Leone, lors de la 69ᵉ session ordinaire de l’organisation.
Une adoption progressive plutôt que simultanée
Les dirigeants ouest-africains ont tranché en faveur d’un déploiement en plusieurs étapes. Les États jugés prêts, sur la base des critères de convergence définis par l’organisation, intégreront la monnaie commune dès son introduction. Les autres pays membres recevront un appui spécifique pour progresser vers ces standards et rejoindre le dispositif dans un second temps. Ce choix vise, selon le communiqué final du sommet, à garantir la stabilité et la crédibilité de la future devise régionale.
Le projet d’une monnaie commune ouest-africaine ne date pas d’hier : envisagée dès les années 2000 sous l’impulsion de la Cédéao, fondée en 1975, elle devait initialement voir le jour en 2020 avant d’être repoussée à plusieurs reprises, faute de convergence macroéconomique suffisante entre les économies membres. Le retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger de l’organisation, en 2024, a depuis retiré du processus trois économies parmi les mieux positionnées sur ces critères au sein de l’ancienne zone franc CFA.
La marque « ECO » en cours d’enregistrement international
La Conférence des chefs d’État a accueilli favorablement l’enregistrement du nom « ECO » auprès de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI). La Commission de la Cédéao doit désormais élargir cette procédure à d’autres instances internationales spécialisées en propriété intellectuelle, hors du continent africain.
Les dirigeants ont également confié à la Commission et à l’Agence monétaire de l’Afrique de l’Ouest (AMAO) la mission de renforcer les échanges avec les banques centrales des États membres. Le but recherché : dégager des positions communes sur les derniers points techniques en discussion, avant d’élargir les démarches liées à la protection de la marque.
Le rôle attendu de la Task Force présidentielle
La conduite politique du dossier est désormais assurée par une Task Force présidentielle, dont la Guinée a également rejoint les rangs lors du sommet. Une réunion de cette instance est prévue avant le sommet ordinaire de décembre 2026, en collaboration avec le président ivoirien, dernier chef d’État encore en fonction au sein de ce cercle restreint.
Les chefs d’État se sont félicités des échanges de haut niveau engagés entre la Commission de la Cédéao et les gouverneurs des banques centrales, présentés comme une étape déterminante pour lever les derniers blocages techniques. La question de l’implication du Nigeria, première économie de la région, ainsi que la position des pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), rattachés au franc CFA, demeurent des variables décisives pour la mise en œuvre concrète de l’ECO en 2027.
Le retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la Cédéao ajoute une inconnue supplémentaire, ces trois pays ayant longtemps figuré parmi les économies les plus proches des critères de convergence exigés pour l’entrée dans la zone monétaire commune.
