Le Tchad a rejoint ce lundi 27 juillet 2026 la liste des pays quittant la Cour pénale internationale, après le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Venezuela. N’Djamena a notifié au secrétariat général de l’ONU sa décision de dénoncer le Statut de Rome, évoquant une décision souveraine prise à l’issue d’un examen approfondi du bilan de la Cour depuis sa création en 2002.
Un bilan jugé « à géographie variable »
Le communiqué du porte-parole du gouvernement tchadien pointe une justice internationale dont l’efficacité resterait limitée et inégalement répartie selon les régions du monde. Le texte dénonce une activité judiciaire concentrée sur le Sud global et le continent africain, qualifiés de victimes consentantes d’une instrumentalisation politique de l’institution basée à La Haye. Le Tchad avait ratifié le Statut de Rome le 1er novembre 2006, après l’avoir signé en 1999, devenant alors l’un des premiers États d’Afrique centrale à rejoindre la juridiction.
Un mouvement de retraits amorcé depuis 2025
Cette décision traduit la continuité d’une série de départs entamée l’an dernier. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger, réunis au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), avaient annoncé leur intention de quitter la Cour dès septembre 2025, avant de formaliser leurs notifications en juin 2026. Le Venezuela a suivi le 24 juillet, dénonçant à son tour un parti pris géographique avéré de la juridiction envers l’Afrique et l’Amérique latine. Le Tchad devient ainsi le cinquième pays à engager cette procédure en moins d’un an. Ce type de retrait n’est pas inédit sur le continent : le Burundi avait ouvert la voie en 2017, devenant le premier État à quitter effectivement la CPI depuis son entrée en vigueur, quinze ans plus tôt.
Une procédure encadrée par le droit international
Conformément à l’article 127 du Statut de Rome, le retrait ne devient effectif qu’un an après réception de la notification par les Nations unies. Le Tchad demeure donc, dans l’intervalle, tenu aux obligations de coopération prévues par le traité. La Cour n’a pas encore réagi publiquement à l’annonce de N’Djamena.
