Des militaires et des agents du renseignement américains font l’objet d’une enquête ouverte par la Cour pénale internationale (CPI) depuis plusieurs années, sans qu’elle n’ait été close. Cette procédure figure au centre de la campagne lancée le 13 juillet par le secrétaire d’État Marco Rubio, qui accuse la juridiction de La Haye de vouloir poursuivre du personnel américain simplement parce qu’il défend les intérêts de son pays, selon le communiqué du Département d’État.
Une juridiction jamais reconnue par Washington
Aucun président américain, depuis la création de la CPI, n’a admis sa compétence sur des ressortissants des États-Unis, rappelle le Département d’État. Le pays n’a jamais ratifié le Statut de Rome, le traité fondateur entré en vigueur en 2002, qui institue la Cour. Cette position, tenue aussi bien par des administrations républicaines que démocrates, coïncide avec la vivacité de la réaction actuelle : Washington redoute qu’un militaire, un policier des frontières ou un élu américain puisse un jour être « traîné devant un tribunal international » et jugé selon des lois auxquelles le pays n’a jamais consenti, selon les mots du secrétaire d’État.
L’administration cite également le cas d’un groupe de sénateurs qui, après avoir alerté par courrier le procureur de la Cour sur ses pratiques, se seraient vu reprocher par ce dernier une tentative d’entrave à la justice. Plusieurs magistrats de la CPI, dont le procureur général, sont déjà visés par des sanctions américaines leur interdisant l’entrée sur le territoire et bloquant toute transaction financière avec la première économie mondiale.
Des juges attaquent Rubio en justice
La tension a franchi un nouveau seuil en juin 2026, lorsque trois juges de la CPI sanctionnés par Washington ont déposé une plainte contre Rubio et d’autres responsables de l’administration Trump. Ce recours judiciaire, intervenu quelques semaines avant l’annonce de la nouvelle offensive, aurait précédé le passage à une stratégie de portée gouvernementale. Le secrétaire d’État promet désormais de mobiliser sanctions, restrictions de visas et pressions diplomatiques pour, selon ses propres termes, démanteler la Cour « brique par brique ».
Une pression étendue aux alliés
Washington ne compte pas agir seul. Le Département d’État appelle les pays non signataires du Statut de Rome à mobiliser leurs propres réseaux diplomatiques pour adopter des mesures similaires. Les États-Unis font également pression sur des alliés dépendant de leur aide militaire afin qu’ils se retirent du traité fondateur de la Cour, dans l’objectif d’isoler l’institution basée à La Haye et d’affaiblir sa légitimité internationale.
La CPI compte aujourd’hui 125 États membres. Sa compétence se limite, en théorie, aux crimes commis sur le territoire de ces pays ou par leurs ressortissants, un point que des organisations de défense des droits humains opposent régulièrement à l’argument américain d’une juridiction aux pouvoirs illimités.
