De la frontière Bénin-Niger au Sahel, l'ONU observe des avancées dans le dialogue régional

Le dialogue entre la CEDEAO et l’Alliance des États du Sahel (AES) montre des signes concrets de progrès, selon un bilan présenté mardi 14 juillet devant le Conseil de sécurité des Nations unies. Le chef du bureau onusien pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, Leonardo Santos Simão, cite notamment la réouverture du poste-frontière de Kamba entre le Niger et le Nigeria, ainsi que des discussions engagées pour rouvrir le passage entre le Niger et le Bénin, fermé depuis 2024.

Un dialogue resté bloqué pendant plusieurs années

Depuis le retrait officiel du Burkina Faso, du Mali et du Niger de la CEDEAO, effectif en janvier 2025, les relations entre l’organisation ouest-africaine et l’AES — devenue une confédération en juillet 2024 — étaient restées marquées par la défiance. Les frontières fermées avaient redirigé les échanges commerciaux vers d’autres ports régionaux, et les tentatives de médiation successives n’avaient produit, jusqu’ici, aucun résultat tangible. C’est ce blocage prolongé que M. Simão dit voir se dénouer progressivement.

(📲 Rejoignez dès maintenant 👉 la communauté de La Nouvelle Tribune sur WhatsApp !)

Les indices cités par l’émissaire onusien

Le responsable de l’ONU appuie son constat sur plusieurs initiatives récentes. Une conférence consultative de haut niveau, tenue en janvier à Accra, capitale du Ghana, a ouvert des discussions sur un nouveau mécanisme de coopération sécuritaire entre les deux blocs. La CEDEAO a par ailleurs nommé l’ancien premier ministre guinéen Lansana Kouyaté comme négociateur en chef face à l’AES. Le Sénégal et le Togo multiplient de leur côté les démarches de rapprochement, tandis que l’Union africaine renforce son rôle dans ces efforts.

Le dossier bénino-nigérien en est un exemple. Depuis la visite du président béninois Romuald Wadagni à Niamey le 2 juin, un comité conjoint d’experts travaille sur les conditions de réouverture de la frontière, fermée depuis le coup d’État de juillet 2023. Des discussions tenues à Cotonou les 20 et 21 juin ont permis des accords de principe sur les volets sécuritaire, économique et juridique, même si le Niger conditionne toujours la réouverture définitive à la signature d’un accord de défense bilatéral. « Nous observons un passage de la confrontation vers la collaboration », a déclaré M. Simão devant le Conseil, précisant que cet engagement « commence à produire des résultats concrets ».

D’autres signaux relevés au-delà du Sahel

Le représentant onusien évoque également la reprise des contacts diplomatiques entre le Mali et l’Algérie, ainsi que les efforts de médiation en cours en Sierra Leone et dans le bassin du fleuve Mano, région traversée récemment par un différend frontalier entre la Guinée, la Sierra Leone et le Liberia, qui avait donné lieu à un sommet extraordinaire à Conakry en mars.

M. Simão a néanmoins rappelé, selon son intervention, que la menace sécuritaire dans la région continue d’évoluer, les groupes armés actifs au Sahel élargissant leur zone d’action vers les États côtiers du golfe de Guinée. La CEDEAO, fondée en 1975, avait déjà élargi son mandat sécuritaire en 1990 avec la création de son groupe d’intervention militaire, l’Ecomog. Aucune date n’a été communiquée pour la mise en œuvre du mécanisme de coopération sécuritaire évoqué lors de la conférence d’Accra.

Laisser un commentaire