Selon plusieurs analyses publiées ces derniers jours, notamment par le Wall Street Journal qui pour cela s’appuie sur des données du Trésor américain et de l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA), la Chine poursuit le développement d’un système financier reposant sur le yuan. Cette stratégie permet à Pékin d’intensifier ses échanges commerciaux avec plusieurs pays visés par des sanctions occidentales, dont la Russie et l’Iran et de confirmer sa volonté de dédollariser ses flux au maximum.
Cette évolution s’inscrit dans un contexte de fortes tensions géopolitiques. Depuis plusieurs années, Pékin investit dans des infrastructures financières capables de fonctionner en dehors des circuits dominés par les États-Unis. Sans chercher à remplacer totalement le dollar, la Chine développe progressivement des solutions destinées à faciliter les paiements internationaux en yuan. Cette orientation offre davantage de flexibilité à certains partenaires confrontés aux restrictions imposées par les pays occidentaux. Cela participe à rendre ces mêmes restrictions et sanctions imposées, beaucoup moins pertinentes.
L’Iran et la Russie renforcent leurs échanges
L’Iran figure parmi les principaux bénéficiaires de cette évolution. D’après les autorités américaines, une grande partie des exportations de pétrole iranien vers la Chine est désormais réglée en yuan.
En 2024, ces ventes auraient généré jusqu’à 43 milliards de dollars de recettes brutes, selon l’EIA. Ces fonds servent ensuite à financer des importations de matériels industriels, de composants automobiles, de panneaux solaires et d’autres produits chinois.
Certaines transactions transitent par des sociétés intermédiaires implantées hors de la juridiction américaine. Résultat, Téhéran parvient à générer des recettes et à financer son développement sans être forcément inquiété ni par Washington ni par le reste de la communauté internationale.
La Russie suit une trajectoire comparable depuis le début de la guerre en Ukraine. Les échanges commerciaux entre Moscou et Pékin sont aujourd’hui majoritairement réalisés en yuans et en roubles. Selon des responsables russes cités par le Wall Street Journal, plus de 90% du commerce bilatéral est désormais effectué dans les monnaies des deux pays. À titre de comparaison, le yuan ne représentait qu’environ 2% des transactions russes au début de l’année 2022.
Quels sont les outils dont dispose Pékin ?
Pour accompagner cette transformation, la Chine poursuit le développement de son système de paiement CIPS, présenté comme une alternative au réseau Swift. Pékin mise également sur la plateforme mBridge, destinée aux paiements internationaux via les monnaies numériques des banques centrales.
