Zhu Rongji, l’ex-Premier ministre chinois réformateur, est mort le 12 août 2026 à Pékin. L’agence Xinhua a annoncé son décès, survenu vers 11 heures des suites d’une maladie, à l’âge de 97 ans.
Une croissance économique inédite
Sous sa direction, entre 1998 et 2003, l’économie chinoise a progressé en moyenne de 9,7 % par an sur les deux dernières décennies du siècle, selon les chiffres rapportés par le site Chine Informations. Même en 2002, alors que l’Asie traversait une grave crise financière et que Chine subissait des inondations catastrophiques, le PIB chinois a grimpé de 7,9 % sur les neuf premiers mois de l’année, dépassant les prévisions gouvernementales fixées à 7 %.
Une jeunesse marquée par la disgrâce politique
Orphelin de père à la naissance puis de mère à dix ans, Zhu Rongji connaît une enfance difficile avant de rejoindre université Qinghua, où il étudie l’ingénierie électrique. Diplômé en 1948, il adhère l’année suivante au Parti communiste chinois, alors même que République populaire est proclamée. Sa trajectoire bascule pourtant dès 1957 : ses critiques envers les politiques économiques de Mao Zedong lui valent d’être qualifié d’« élément droitier » et envoyé en rééducation à campagne, un exil qui se prolonge par intermittence jusqu’en 1975.
L’ascension shanghaïenne, tremplin vers Pékin
Réhabilité après mort de Mao, il rejoint Commission économique d’État avant d’être élu maire de Shanghai le 25 avril 1988, succédant à Jiang Zemin. Sa gestion rigoureuse contribue à transformer ville en principale place industrielle et financière du pays, notamment grâce à ouverture de zone de Pudong. L’année suivante, il parvient à contenir localement tensions liées au mouvement de place Tian’anmen sans recourir à armée, un épisode qui renforce sa réputation de modéré capable de désamorcer crises.
Nommé vice-Premier ministre en 1993, il prend en charge lutte contre inflation avant d’accéder au poste de chef du gouvernement en 1998. Il y pilotera restructuration des entreprises publiques, négociation de entrée à Organisation mondiale du commerce en 2001, ainsi que gestion de rétrocession de Hong Kong en 1997. Connu pour son franc-parler, il déclarait en 1998 : « J’ai préparé cent cercueils : quatre-vingt-dix-neuf pour les fonctionnaires corrompus, et un pour moi-même. »



