Plusieurs années de tentatives américaines pour faire payer davantage les Européens, et une seule revendication de succès : celle de Donald Trump. Le président américain a affirmé le 8 juillet 2026 à Ankara, lors d’une conférence de presse commune avec le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, être le premier chef d’État américain à avoir obtenu une hausse réelle des budgets militaires des alliés, un objectif que la Maison Blanche poursuivrait depuis l’ère Eisenhower.
Trois présidents nommément visés
Réagissant aux chiffres présentés par Rutte, Trump a immédiatement désigné ses prédécesseurs comme responsables de décennies d’inaction. « C’est bien dommage que Biden ne l’ait pas fait, ou Obama », a-t-il déclaré, avant d’ajouter à propos de l’ancien président : « si Biden avait eu la moindre once de cerveau, ce qu’il n’avait pas, il aurait dit que vous devez payer plus ». Il a étendu la critique à Barack Obama, qu’il a qualifié avec Biden de « deux mauvais présidents », avant d’inclure George W. Bush dans le même constat d’échec : « Obama ne l’a pas fait et Biden ne l’a pas fait et franchement Bush ne l’a pas fait non plus ».
Mark Rutte a ensuite relié cette avancée à un projet plus ancien de l’Alliance atlantique, affirmant que Trump avait accompli « ce qu’Eisenhower a commencé à essayer de faire », à savoir rééquilibrer la contribution financière des Européens. Le secrétaire général de l’OTAN a estimé que le président américain était le premier dirigeant à réussir là où ses prédécesseurs avaient échoué. « Tous les autres présidents, aucun d’eux n’a réussi. Vous êtes le premier », a déclaré Rutte à Trump, qualifiant ce résultat de « victoire ».
Les chiffres avancés par Rutte
Le secrétaire général a indiqué que « le Canada et les nations européennes de l’OTAN ont dépensé 215 milliards de dollars de plus en 2025 et 2026 par rapport à 2024 », un montant total qu’il a évalué à « 258 milliards » de dollars sur la période. Il a précisé que ces investissements soutiendraient près de 200 000 emplois aux États-Unis, les pays membres achetant directement auprès de la base industrielle de défense américaine. Trump a repris ce total à son compte en évoquant plus de 1 200 milliards de dollars de dépenses supplémentaires depuis son retour au pouvoir, un chiffre que Rutte a baptisé le « billion de Trump ».
Des tensions malgré l’accord affiché
Ce satisfecit tranche avec le climat tendu qui entoure le sommet. Trump reste furieux du refus de plusieurs alliés de soutenir son intervention contre l’Iran : l’Espagne et l’Italie ont refusé l’accès à leurs bases aériennes aux forces américaines engagées dans ce conflit, avant que l’Allemagne puis le Royaume-Uni n’accordent certains droits de stationnement. Il avait qualifié les gouvernements européens de « lâches » et l’Alliance de « tigre de papier » dans les jours précédant le sommet. La proposition américaine visant le Groenland et l’annonce d’une réduction des effectifs militaires américains stationnés en Europe alimentent également les frictions transatlantiques.
Sur le plan budgétaire, l’objectif adopté lors du sommet de La Haye en 2025 — porter les dépenses de défense à 5 % du PIB d’ici 2035 — reste par ailleurs inégalement respecté. Deux camps au sein de l’Alliance : l’Allemagne et les pays d’Europe du Nord et de l’Est ont trouvé les fonds nécessaires, tandis que le Royaume-Uni, la France et l’Italie peinent à suivre le rythme. Le projet de déclaration finale du sommet doit encore être formellement approuvé par les 32 chefs d’État et de gouvernement réunis à Ankara avant la clôture de la rencontre.
