Deuxième nuit consécutive de frappes américaines contre l’Iran, et Téhéran hausse le ton. Le commandement Khatam al-Anbiya, plus haute instance militaire conjointe iranienne, a averti que toute base ou pays servant de point d’appui aux opérations américaines serait désormais considéré comme une cible légitime. La mise en garde a été diffusée sur Telegram peu après que le Commandement central des États-Unis (CENTCOM) a confirmé une nouvelle vague de frappes visant à limiter la capacité iranienne de menacer la navigation dans le détroit d’Ormuz.
Une trêve fragilisée par des attaques en mer
L’escalade fait suite à des frappes iraniennes contre trois navires marchands dans le détroit d’Ormuz les 6 et 7 juillet, dont un pétrolier battant pavillon des Îles Marshall. Le CENTCOM a annoncé avoir touché plus de 80 cibles en Iran mardi soir. Le président américain Donald Trump, présent au sommet de l’OTAN à Ankara, a qualifié dans la foulée le protocole d’accord (MoU) conclu en juin avec Téhéran de caduc, tout en n’excluant pas la poursuite de pourparlers. Ce texte avait mis fin aux hostilités en échange de la levée du blocus naval américain et de la réouverture du détroit.
Le ministère iranien des Affaires étrangères, par la voix de son vice-ministre Kazem Gharibabadi, a fait savoir que Téhéran prendrait « toute mesure » jugée nécessaire pour défendre sa sécurité nationale. Le Trésor américain a rétabli les sanctions sur les exportations pétrolières iraniennes, suspendues depuis l’accord de juin.
Bushehr de nouveau touchée, aucun dégât signalé
Des explosions ont été rapportées dans la province de Bushehr, qui abrite l’unique centrale nucléaire civile du pays. Selon l’agence semi-officielle Mehr, les frappes américaines dans la région n’ont causé aucun dommage à l’installation. Des explosions ont également été signalées à Sirik, Chabahar, Konarak et sur l’île de Kish, dans le détroit d’Ormuz, provoquant l’activation des systèmes de défense aérienne iraniens. L’armée iranienne a fait état de huit militaires tués mardi dans les zones de Bandar Abbas et Bushehr, selon l’agence IRNA.
À Bahreïn, où siège la Ve flotte américaine, les sirènes d’alerte ont retenti à plusieurs reprises, le ministère de l’Intérieur appelant la population à rejoindre des lieux sûrs. Mohammad Bagher Qalibaf, président du Parlement iranien, a écrit sur les réseaux sociaux : « L’ère de l’intimidation et de l’extorsion est terminée. »
Prochaine étape : l’avenir incertain des négociations
Trump a qualifié les pourparlers avec Téhéran de « perte de temps » tout en indiquant que des négociateurs américains pourraient continuer à dialoguer avec leurs homologues iraniens. Aucune date n’a été fixée pour une reprise formelle des discussions. Le cours du Brent a bondi de 6% à la suite des déclarations du président américain, portant le baril à 78 dollars.



