Une pause funéraire transformée en argument de communication : Donald Trump a raillé l’Iran au moment même où le pays enterrait son ancien Guide suprême. Lors d’un discours prononcé le 3 juillet au pied du Mont Rushmore, dans le Dakota du Sud, pour lancer les célébrations du 250e anniversaire des États-Unis, le président américain a affirmé avoir « knocked the hell out of Iran » (« mis une sacrée raclée à l’Iran »), alors que Téhéran venait d’entamer six jours de cérémonies funéraires pour l’ayatollah Ali Khamenei.
Une pique glissée dans un discours patriotique
L’évocation de l’Iran n’a occupé qu’une poignée de secondes dans une allocution de près de trente minutes, largement consacrée à la grandeur américaine et à une charge contre le communisme. Juste après avoir mentionné une victoire militaire éclair au Venezuela, le président a enchaîné sur l’Iran, affirmant que le pays « est mourant d’envie de conclure un accord » et que Washington lui avait accordé, selon ses mots, une semaine de répit « parce que nous sommes gentils ». Cette unique mention du dossier iranien a suffi à relancer l’attention médiatique sur l’état des négociations entre les deux pays.
Des funérailles hors norme pour Khamenei
Les propos de Donald Trump coïncident avec le début, le 4 juillet, des cérémonies d’adieu à Ali Khamenei, tué le 28 février 2026 dans une frappe conjointe américano-israélienne qui a également coûté la vie à plusieurs membres de sa famille. Repoussées en raison du conflit, ces obsèques rassemblent des dizaines de milliers de fidèles au grand Mosalla de Téhéran, avant un cortège prévu vers Qom puis les villes irakiennes de Najaf et Kerbala. L’inhumation est programmée le 9 juillet à Mashhad, près du sanctuaire de l’imam Reza. Des représentants de la Chine, de l’Inde, du Pakistan et de la Russie doivent assister aux cérémonies, tandis que l’identité du successeur désigné, Mojtaba Khamenei, reste incertaine, celui-ci n’ayant plus été vu en public depuis sa nomination.
Des pourparlers suspendus jusqu’après le deuil
Selon les médiateurs qatari et pakistanais impliqués dans le dossier, les discussions entre Washington et Téhéran sont actuellement à l’arrêt et ne devraient reprendre qu’une fois les commémorations achevées. Ce gel intervient après un mois de juin marqué par la signature, à Versailles, d’un protocole prévoyant une cessation des hostilités de soixante jours, incluant le Liban, ainsi qu’un plan de reconstruction chiffré à 300 milliards de dollars et une levée partielle des sanctions pétrolières. Le sort des stocks d’uranium déjà enrichi par l’Iran reste toutefois non tranché, ce point majeur étant renvoyé à une phase ultérieure des négociations.
Le même jour, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s’est entretenu par téléphone avec Donald Trump pour le féliciter à l’occasion de l’anniversaire américain, les deux dirigeants évoquant une rencontre prochaine aux États-Unis sans en préciser la date.
Les pourparlers indirects devraient reprendre à Doha, au Qatar, une fois les obsèques d’Ali Khamenei achevées, selon les médiateurs régionaux impliqués dans le dossier.
