Quatre décennies de relations diplomatiques entre l’Iran et le continent africain se matérialisent cette semaine à Téhéran. Le Burkina Faso, la République du Congo, la Namibie et l’Égypte ont dépêché des représentants officiels aux funérailles de l’ayatollah Ali Khamenei, tué le 28 février dans une frappe américano-israélienne visant sa résidence. Les cérémonies, ouvertes le 3 juillet au Grand Mosalla de Téhéran, se poursuivent jusqu’au 9 juillet, selon le ministère iranien des Affaires étrangères.
Des ministres et un président de chambre parlementaire mobilisés
Le ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso s’est déplacé pour représenter Ouagadougou, aux côtés de son homologue de la République du Congo. La Namibie a délégué un ministre de son Cabinet, tandis que l’Égypte a envoyé le président de son Sénat. Ces déplacements figurent parmi près de cent délégations attendues, dont une cinquantaine au niveau officiel, précise Vahid Jalalzadeh, secrétaire du comité international chargé d’organiser les funérailles, cité par l’agence iranienne Fars News. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a indiqué qu’au moins huit chefs d’État ou de gouvernement et des présidents de parlement issus de douze pays participeraient aux cérémonies, sans détailler la part africaine de ce chiffre. Le Ghana, la Tunisie et la Gambie figurent également parmi les pays africains annoncés par les médias iraniens, sans que le niveau exact de leur représentation ait été confirmé à ce stade.
Une sélection des invités assumée par Téhéran
L’Iran a explicitement écarté les pays européens ayant soutenu les frappes contre son territoire. Baghaei a affirmé que les délégations présentes se tenaient « du bon côté de l’histoire », qualifiant la position de plusieurs gouvernements européens de honteuse à l’égard de l’offensive israélo-américaine. Ce choix diplomatique éclaire la composition de la liste des invités, où dominent des pays d’Afrique, d’Asie centrale et d’Amérique latine plutôt que les partenaires traditionnels occidentaux de ces États africains.
Des universitaires et intellectuels originaires de Tunisie, du Maroc et du Sénégal auraient par ailleurs rendu hommage au dirigeant défunt, selon des médias iraniens qui n’ont pas précisé s’il s’agissait d’une démarche encadrée par leurs gouvernements respectifs ou d’initiatives individuelles.
Une inhumation prévue le 9 juillet à Machhad
Les cérémonies de deuil, entamées à Téhéran, se poursuivront par des rites à Qom puis des processions en Irak, à Najaf et Karbala, avant le retour de la dépouille en Iran. L’inhumation d’Ali Khamenei est programmée le 9 juillet au sanctuaire de l’imam Reza, à Machhad, sa ville natale.
