Les articles de mode éphémère commercialisés en France subiront une taxe environnementale à compter du premier jour de septembre. Pékin a réagi mercredi en agitant la menace de représailles commerciales si ses entreprises se trouvaient pénalisées par ce nouveau cadre légal.
Une pénalité qui grimpera jusqu’en 2030
Le texte, définitivement adopté fin juin par les parlementaires français après son passage à l’Assemblée puis au Sénat, vise en priorité trois géants du e-commerce originaires d’Asie : Shein, Temu et AliExpress. Chaque pièce vendue par ces enseignes se verra appliquer une surtaxe calculée sur son impact environnemental, avec un montant appelé à croître année après année pour atteindre 20 euros à l’horizon 2030, sans jamais dépasser la moitié du prix affiché hors taxes. Le dispositif comporte un volet publicitaire : toute promotion de ces marques, campagnes d’influenceurs comprises, sera proscrite. Les distributeurs textiles français et européens positionnés sur les mêmes gammes de prix, à l’image de Kiabi, ne sont pas concernés par ces restrictions.
Pékin dénonce une entorse aux règles du commerce mondial
Un porte-parole du ministère chinois du Commerce a estimé que la législation française masquait, derrière des objectifs affichés de protection environnementale, une volonté de pénaliser spécifiquement les opérateurs chinois. L’argument avancé par Pékin est celui d’une atteinte aux principes de non-discrimination fixés par l’Organisation mondiale du commerce. Le ministère a formulé une mise en garde explicite, évoquant de possibles mesures de rétorsion si les intérêts de ses ressortissants économiques venaient à être affectés.
Le textile français fragilisé par la concurrence low-cost
Le calendrier de cette loi coïncide avec une période noire pour plusieurs groupes textiles tricolores. Le tribunal de commerce a prononcé la liquidation judiciaire de l’enseigne Jennyfer au printemps, tandis que Naf Naf poursuit depuis le début du printemps une procédure de redressement judiciaire. Selon les données du secteur, l’industrie de l’habillement pèse à elle seule près de 10% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, davantage que l’ensemble du trafic aérien et maritime international cumulé, un chiffre qui alimente depuis plusieurs années le débat européen sur la régulation du secteur.
Cette nouvelle loi française fait écho à un mouvement plus large côté européen : Bruxelles a instauré début juillet un droit de douane de 3 euros applicable aux colis de faible valeur, une mesure visant à limiter l’afflux massif de petits paquets expédiés directement depuis la Chine vers les consommateurs du continent.
La tension entre les deux capitales s’ajoute à une série de différends commerciaux déjà existants entre l’Union européenne et Pékin autour des pratiques du commerce électronique transfrontalier chinois.



