Pete Hegseth a accusé la Chine et la Russie de faciliter une partie des actions menées par l’Iran pendant sa guerre contre les États-Unis. Le secrétaire américain à la Défense s’exprimait ce mardi 21 juillet devant la commission des crédits du Sénat, alors que le Pentagone réclame des fonds supplémentaires pour financer l’effort militaire.
Une audition budgétaire sous tension
La discussion a eu lieu après une question du sénateur républicain du Dakota du Nord, John Hoeven, sur l’implication de la Chine et de la Russie dans le conflit. « Il existe des façons dont ces deux pays se situent à différents niveaux, permettant certaines des choses que fait l’Iran », a répondu Pete Hegseth devant les sénateurs. Le responsable a refusé de détailler la nature exacte de cette aide, invoquant la confidentialité des informations militaires. « Leur profondeur et leur étendue doivent rester classifiées », a-t-il ajouté, tout en assurant que plusieurs options existent pour contrer cet appui.
L’audition portait officiellement sur une demande de crédits supplémentaires destinée à soutenir les opérations militaires américaines liées au conflit avec Téhéran. Les propos du secrétaire à la Défense marquent la première prise de position publique aussi directe d’un haut responsable de l’administration américaine sur l’implication présumée des deux puissances.
Des soupçons déjà anciens visant Pékin et Moscou
Ces déclarations relancent des accusations formulées depuis plusieurs mois par les services de renseignement américains. Pékin est soupçonnée d’avoir livré du matériel militaire à Téhéran pour l’aider à reconstituer ses capacités pendant les phases de trêve, une accusation que le gouvernement chinois dément systématiquement. Des mouvements de cargos iraniens vers un port chinois ayant par le passé servi au chargement de composants destinés à la propulsion de missiles avaient également été signalés.
Moscou, de son côté, est accusée d’avoir transmis des renseignements permettant à l’armée iranienne d’améliorer le ciblage de forces américaines dans la région. Un accord russo-iranien portant sur plusieurs centaines de millions d’euros d’équipements de défense aérienne avait par ailleurs été révélé, en échange de drones et de missiles balistiques iraniens utilisés par la Russie sur le théâtre ukrainien.
Des réactions restées mesurées jusqu’ici
Face à ces accusations, la Chine et la Russie ont jusqu’à présent limité leur réponse à des condamnations diplomatiques des frappes américaines et israéliennes contre l’Iran, sans engagement militaire assumé aux côtés de Téhéran. Un traité de partenariat stratégique global entre Moscou et Téhéran est entré en vigueur en octobre 2025, sans toutefois inclure de clause de défense mutuelle automatique en cas de conflit.
Le conflit entre en 15ᵉ jour depuis la reprise des hostilités le 8 juillet, après la rupture du cessez-le-feu issu du mémorandum d’Islamabad. Les Gardiens de la Révolution ont revendiqué des frappes contre des bases américaines au Bahreïn et au Koweït, tandis que le Centcom a annoncé une dixième nuit consécutive de bombardements contre l’Iran, ciblant centres de commandement et capacités maritimes. Les tensions s’étendent désormais au détroit d’Ormuz et aux pays voisins du Golfe, alimentant l’incertitude sur les marchés pétroliers. Les déclarations de Pete Hegseth interviennent alors que le Congrès américain doit encore se prononcer sur l’enveloppe budgétaire demandée par le Pentagone pour poursuivre les opérations militaires face à l’Iran.



