Pour la première fois depuis 1980, puis 2024, la Chine a mené un tir de missile stratégique dans le Pacifique Sud depuis un sous-marin nucléaire, ravivant les tensions avec ses voisins régionaux. Le tir a eu lieu lundi 6 juillet à 12h01, heure de Pékin, en direction des eaux internationales, selon un communiqué de la marine chinoise relayé par l’agence officielle Xinhua.
Un tir revendiqué comme « routinier »
Un sous-marin stratégique à propulsion nucléaire a procédé au lancement d’un missile équipé d’une ogive d’entraînement à charge simulée, sans charge nucléaire. L’engin est tombé, selon Pékin, avec précision dans une zone maritime prédéfinie, sans que la marine chinoise ne précise l’emplacement exact de l’impact. Xinhua a présenté ce tir comme « un arrangement de routine communiqué à l’avance aux pays concernés« , précisant qu’il ne visait aucun pays ni cible en particulier.
L’essai coïncide avec le lancement des exercices navals annuels conjoints entre la Chine et la Russie, au large de Qingdao, sans qu’aucun lien direct entre les deux événements ne soit établi par les sources consultées.
Une notification contestée à Tokyo
Le Japon affirme avoir été informé de façon trompeuse. Sa garde côtière avait reçu dès dimanche une communication chinoise évoquant l’établissement d’une zone restreinte dans sa zone économique exclusive, au sud du cap Shionomisaki, présentée comme liée à la chute de débris spatiaux. Ce n’est que lundi que l’ambassade chinoise a précisé à Tokyo qu’il s’agissait en réalité d’un tir de missile balistique. Le gouvernement japonais a fait part de sa « vive préoccupation » face à l’intensification des activités militaires chinoises et a exhorté Pékin à reconsidérer ce type d’essai.
L’Australie et la Nouvelle-Zélande dénoncent un geste déstabilisant
La ministre australienne des Affaires étrangères, Penny Wong, a confirmé avoir été notifiée par Pékin mais a jugé le test « déstabilisant« , le mettant dans un cadre de montée en puissance militaire chinoise jugée insuffisamment transparente. Le ministre de la Défense, Richard Marles, a de son côté exprimé sa préoccupation quant aux effets de ce tir sur la stabilité et la sécurité régionales.
La Nouvelle-Zélande dit avoir été informée seulement quelques heures avant le tir. Son chef de la diplomatie, Winston Peters, a qualifié la démarche d' »inquiétante« , rappelant que les pays du Pacifique ne souhaitent pas voir la région servir de site d’essai pour des capacités de missiles.
Un précédent qui remonte à 2024
En septembre 2024, la Chine avait déjà mené un tir similaire dans le Pacifique, avec une ogive factice, qualifié à l’époque de premier essai de ce type depuis plusieurs décennies. Avant cela, le dernier tir chinois de missile longue portée dans le Pacifique remontait à mai 1980, dans un contexte de dissuasion face à l’URSS. Pékin maintient officiellement une politique de non-recours en premier à l’arme nucléaire, s’autorisant uniquement une riposte en cas d’attaque nucléaire.
