Un marin est mort et un autre a été blessé samedi après une frappe ukrainienne contre un navire commercial iranien en mer Caspienne. Le ministère iranien des Affaires étrangères affirme que le bâtiment ne transportait aucun équipement militaire, tandis que l’ambassadeur ukrainien en Israël, Yevgen Korniychuk, évoque des composants destinés à des drones et missiles.
Kiev revendique l’opération
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé samedi sur les réseaux sociaux avoir mené des frappes à longue portée visant, selon lui, des bâtiments liés au transport de matériel militaire impliquant l’Iran, ainsi qu’un navire de guerre. L’attaque intervient alors que les services ukrainiens accusent Moscou de fournir un soutien technique à Téhéran, notamment une surveillance satellite de sites militaires américains dans le Golfe depuis début juillet.
Téhéran convoque le chargé d’affaires ukrainien
Le chargé d’affaires ukrainien à Téhéran a été convoqué samedi pour être sermonné sur ce que la diplomatie iranienne qualifie d’acte hostile et criminel. Le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a demandé à l’Union européenne une réponse ferme lors d’un échange avec la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas. Ce lundi, le porte-parole du ministère, Esmaïl Baghaï, a dénoncé un acte contraire à la Charte des Nations unies, aux conséquences qualifiées d’imprévisibles.
Un parlementaire iranien évoque des représailles
Le président de la commission de sécurité nationale du Parlement iranien, Ebrahim Azizi, a averti dimanche que l’Ukraine pourrait bientôt comprendre que l’Iran ne laisse pas d’action sans réponse. Selon lui, la liste de ceux qui ont fait un mauvais calcul ne cesse de s’allonger. Sur des canaux Telegram proches des Gardiens de la révolution, certains appelleraient déjà à frapper des installations situées en territoire ukrainien.
Un différend maritime ancien entre l’Iran et ses voisins
La mer Caspienne, plus grande étendue d’eau intérieure au monde, fait l’objet depuis l’éclatement de l’URSS d’un désaccord persistant entre ses cinq États riverains sur le partage de ses ressources. L’Iran réclame de longue date une part égale de 20 % de la mer face à la Russie, au Kazakhstan, à l’Azerbaïdjan et au Turkménistan, un accord de délimitation n’ayant été trouvé qu’en 2018 à Aktaou, sans lever toutes les tensions territoriales.
Cet incident relance un débat parmi les analystes iraniens sur un possible élargissement du conflit ukraino-russe à la zone caspienne. Certains observateurs, dont le chercheur Hamidreza Azizi de l’institut allemand SWP, estiment que la confrontation entre l’Iran, les États-Unis et le conflit saoudo-houthi s’entremêle désormais avec la guerre en Ukraine. Reste à savoir si Téhéran donnera une suite concrète à ses avertissements.



