Téhéran a refusé jeudi une proposition de cessez-le-feu américaine transmise par le chef du gouvernement irakien. La question du contrôle du détroit d’Ormuz, restée sans réponse dans l’offre, a motivé ce refus, selon des responsables iraniens et irakiens cités par le New York Times.
Un détroit stratégique au centre du blocage
Ali al-Zaidi s’est rendu à Téhéran quelques jours après sa visite à la Maison Blanche auprès de Donald Trump. Le Premier ministre irakien y a rencontré le président Massoud Pezeshkian, le négociateur en chef Mohammad Bagher Ghalibaf et le chef de la diplomatie Abbas Araghchi. Selon des sources iraniennes, cette offre constituait la seule proposition alors sur la table.
L’Iran aurait jugé inacceptable un accord temporaire qui ne tranche pas la question de la souveraineté sur le détroit d’Ormuz, passage par lequel transite environ un cinquième du pétrole mondial. Ce chokepoint fait l’objet d’un blocus naval américain, tandis que Téhéran continuerait de cibler des navires commerciaux dans la zone malgré ce dispositif.
Une diplomatie sous tension
Araghchi aurait qualifié la démarche américaine d’« irrationnelle, excessive et hégémonique ». Le ministre aurait précisé, avant l’arrivée du dirigeant irakien, que son pays ne recherchait pas de médiation supplémentaire avec Washington, tout en acceptant qu’al-Zaidi transmette des messages américains.
Cet épisode intervient après plusieurs semaines d’échanges de frappes entre les deux pays. Washington aurait menacé d’intensifier ses opérations contre des infrastructures critiques iraniennes, tandis que des responsables iraniens auraient averti qu’une frappe directe sur Téhéran pourrait pousser l’Iran à élargir le conflit vers Tel-Aviv et à inciter ses alliés houthis à fermer le détroit de Bab al-Mandeb, autre point de passage maritime stratégique.
Un précédent qui remonte au printemps
Cette proposition n’est pas la première tentative de médiation depuis le début des hostilités. En avril, un projet de trêve de 45 jours, élaboré par l’Égypte, le Pakistan et la Turquie, avait déjà été rejeté par Téhéran dans des circonstances similaires — la réouverture du détroit d’Ormuz y figurait également comme condition centrale non résolue. Le Pakistan avait aussi porté, à un stade antérieur du conflit, un plan en deux volets combinant cessez-le-feu immédiat et cadre de sortie de crise plus durable, sans parvenir à un accord définitif.
L’Irak, frontalier de l’Iran, entretient des liens économiques et sécuritaires étroits avec Téhéran, ce qui expliquerait le rôle de médiateur assumé par Bagdad dans ce dossier. La Maison Blanche n’a pas commenté publiquement ce nouveau refus.



