Le « père spirituel » de Yan Diomandé accusé d'avoir tiré profit de son transfert à Leganés

Deux millions d’euros ont atterri dans les poches de Dez Bamba au moment du départ de Yan Diomandé du CD Leganés, selon l’enquête publiée le 31 juillet par le journaliste Romain Molina. Présenté comme le mentor et la figure paternelle du jeune international ivoirien, Bamba aurait gardé cette opération sous silence auprès du principal intéressé, d’après les éléments détaillés dans la vidéo.

Un ascendant construit sur une situation familiale fragile

Selon Molina, Bamba s’est imposé au fil des ans comme la personne de confiance du joueur, fondateur de l’Académie Inter Foot Sud Comoé où Diomandé a été formé. Son influence tient au cadre familial de l’attaquant : son père biologique est incarcéré, sa mère traverse des soucis de santé. Diomandé l’appelle « mon papa », un lien assumé par les deux hommes dans plusieurs interviews publiques, y compris récemment dans L’Équipe.

Le passage à Leganés avait pourtant tout d’un épisode mineur dans la trajectoire du joueur. Signé en novembre 2024 par le club madrilène, l’ailier n’y joue qu’une dizaine de matchs, dont six titularisations, pour deux buts inscrits, avant la relégation du club en Segunda División. Cette demi-saison sert néanmoins de tremplin : en juillet 2025, le RB Leipzig lève sa clause libératoire de 20 millions d’euros. Un an plus tard, Leganés récupère un pourcentage à la revente négocié à 10 % au moment du transfert, une clause qui rapporte désormais gros au club espagnol dans le dossier Real Madrid.

Des prélèvements sur plusieurs contrats successifs

L’enquête de Molina va au-delà de l’épisode Leganés. Elle documente une commission de 50 % touchée par Bamba sur un accord conclu avec l’agence Epsic, ainsi que des prélèvements réguliers directement sur le salaire du joueur, présentés à Diomandé comme de simples retards de versement. Le journaliste évoque aussi des tensions avec la société de Max-Alain Gradel, des discussions avec Roc Nation Sports — l’agence qui représente également Vinicius Jr — et une volonté de peser sur les contrats de sponsoring du joueur. Interrogé, Bamba justifie sa défiance envers Gradel par un désaccord sur les chiffres d’un transfert avorté vers Sunderland en 2022 : le club anglais aurait fait miroiter le paiement de la clause libératoire de 20 millions d’euros fixée par Leganés, avant qu’il apparaisse que Sunderland ne disposait en réalité que de 10 millions d’euros pour boucler l’opération.

Une affaire qui rattrape le feuilleton Real Madrid

Ces révélations tombent en plein feuilleton du mercato madrilène. Fin juillet, le PSG se retire officiellement de la course, invoquant ses principes de gestion financière malgré un accord personnel déjà trouvé avec le joueur. Le Real Madrid et le RB Leipzig s’entendent alors sur un montant compris entre 115 et 120 millions d’euros, bonus inclus, et Diomandé annonce lui-même son choix pour la Casa Blanca.

La visite médicale et la signature du contrat, prévu jusqu’en 2031, restent toutefois suspendues : selon les dernières informations de Romain Molina, des procédures judiciaires opposant plusieurs agences autour des droits à l’image du joueur — entre Roc Nation, Rainbow et Dez Bamba, qui conserve 10 % de la structure créée à cet effet — retardent la finalisation de l’opération. L’annonce officielle, donnée comme imminente par plusieurs médias espagnols depuis une semaine, n’a toujours pas eu lieu.

Cette opération à neuf chiffres remet en lumière la répartition des gains autour du joueur : cumulées sur les deux dernières saisons, les commissions perçues par Dez Bamba dépassent les revenus directs de Diomandé lui-même, selon Romain Molina. Ni Bamba ni l’entourage du joueur n’ont réagi publiquement à ces accusations depuis la diffusion de l’enquête.

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