Une déclaration suffit à relancer un dossier que l’on croyait enterré. Gianni Infantino a affirmé que l’extension de la Coupe du monde à 64 équipes devrait être étudiée après le Mondial 2026, dans un entretien accordé au portail suisse Blue Sport. Cette sortie intervient trois semaines après que RMC Sport a révélé l’enlisement du projet, bloqué par le refus de l’UEFA et de l’AFC.
Un projet porté depuis un an par l’Amérique du Sud
L’idée n’est pas nouvelle. Le président de la CONMEBOL, Alejandro Domínguez, l’a formulée dès septembre dernier pour marquer le centenaire du tournoi, disputé pour la première fois en 1930 en Uruguay. Les fédérations argentine, paraguayenne et uruguayenne soutiennent la proposition, qui doublerait le nombre de sélections par rapport à l’édition qatarie de 2022 et porterait le nombre de matchs à 128.
Infantino s’était d’abord montré prudent, expliquant vouloir observer le déroulement du Mondial nord-américain à 48 équipes avant de trancher. Son ton a changé la semaine passée. Il a plaidé pour une ouverture à d’autres continents que l’Europe et l’Amérique du Sud, qualifiant l’élargissement actuel de succès. Une décision formelle reviendrait au Conseil de la FIFA, où siège notamment le président de la fédération allemande, Bernd Neuendorf.
L’UEFA et l’AFC toujours opposées
Le calendrier reste le point de friction principal. L’UEFA, présidée par Aleksander Čeferin, redoute un bouleversement de ses compétitions de qualification jusqu’en 2030 et a qualifié le projet de “mauvaise idée”. L’instance européenne a toutefois publié un nouveau format de qualifications pour son propre Mondial et son Euro, une mesure qui la préparerait malgré tout à un éventuel élargissement. L’AFC maintient également ses réticences.
L’enjeu financier pèse dans la balance. Infantino a annoncé lors du Congrès de la FIFA à Vancouver que les revenus liés au Mondial 2026 atteindraient un record de 14 milliards de dollars, et promis un bilan meilleur d’ici 2030. Ces sommes financent les 211 fédérations nationales, dont les voix seront déterminantes lors de sa réélection prévue en 2027.
L’édition 2026 montre déjà les limites du format à 48 équipes : 104 matchs sont disputés en cinq semaines, un record, avec un système complexe de meilleurs troisièmes pour départager les qualifiés aux seizièmes de finale. Un passage à 64 équipes supprimerait ce calcul, chaque groupe qualifiant directement ses deux premiers. Aucune décision formelle n’a été actée par le Conseil de la FIFA à ce jour. Le dossier reste officiellement ouvert, avec un arbitrage attendu après la finale du Mondial 2026, prévue le 19 juillet à New York.



