L’UEFA boycottera les prochaines éditions de la Coupe du monde si Gianni Infantino maintient son projet de vente à des investisseurs privés. L’instance européenne l’a annoncé jeudi 30 juillet dans un communiqué, au lendemain d’une réunion d’urgence réunissant ses 55 fédérations membres.
Le texte ne laisse aucune ambiguïté sur la condition posée : « aucune équipe nationale de l’UEFA ne participera à aucune compétition de la Fifa tant que ces propositions resteront d’actualité ». Les fédérations européennes affirment par ailleurs rejeter unanimement et sans équivoque la proposition portée par le président de la Fifa.
Le projet qui déclenche la menace de boycott
Le plan visé par l’UEFA a été révélé mardi par le quotidien britannique The Times. Il prévoit la création d’une filiale commerciale, FIFA Forward Enterprise, chargée de gérer la Coupe du monde masculine, la compétition féminine et le Mondial des clubs, avec une valorisation initiale de 20 milliards de dollars. Des investisseurs privés pourraient y acquérir entre 20 et 30 % des parts.
Parmi les noms évoqués figure Joshua Kushner, fondateur du fonds Thrive Capital et frère de Jared Kushner, gendre de Donald Trump, ainsi que la banque JPMorgan. Infantino avait tenté de rassurer la veille en qualifiant son projet d’« opportunité, mais pas une obligation » — un argument resté sans effet sur la position de l’UEFA.
Une première dans l’histoire de l’UEFA
Fondée en 1954, l’UEFA n’avait jamais formulé jusqu’ici de menace de boycott collectif impliquant l’ensemble de ses fédérations membres. Le geste transforme un désaccord sur la gouvernance du football en un rapport de force ouvert entre les deux instances. La Concacaf et la confédération asiatique avaient, dès mardi, également dénoncé ne pas avoir été consultées avant la révélation du projet.
Ce que signifierait concrètement ce boycott
Si la Fifa maintient son projet, la menace s’appliquerait dès la prochaine échéance internationale : le Mondial féminin, prévu en 2027 au Brésil. Une absence des équipes européennes qualifiées priverait la compétition de plusieurs sélections majeures, dont certaines figurent parmi les favorites du tournoi.
La suite dépend désormais de la réponse de la Fifa. L’instance mondiale n’a pas encore indiqué si elle comptait retirer, amender ou maintenir en l’état son projet de filiale commerciale. Aucune rencontre entre les deux organisations n’a pour l’heure été annoncée.



