Nétanyahou attendu à l'ONU : voici pourquoi Mamdani menace de le faire arrêter

Zohran Mamdani examine avec les services juridiques de New York la possibilité d’arrêter Benjamin Nétanyahou s’il se rend dans la ville en septembre. Le Premier ministre israélien est attendu pour l’Assemblée générale des Nations unies, selon les informations rapportées par le New York Times.

Un mandat de la CPI en toile de fond

Le maire de New York s’appuie sur le mandat d’arrêt émis le 21 novembre 2024 par la Cour pénale internationale contre Nétanyahou et l’ex-ministre de la Défense Yoav Gallant, pour des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité présumés commis à Gaza. Dans un entretien accordé au New York Times, Mamdani a déclaré que le Premier ministre israélien avait « sa place à La Haye », le qualifiant de « criminel de guerre inculpé par la CPI ».

Dès décembre 2024, alors simple candidat, Mamdani avait affirmé qu’il ferait arrêter Nétanyahou en cas de visite dans la ville. Il a répété cet engagement tout au long de sa campagne électorale, avant de le confirmer une nouvelle fois en avril 2026 lors d’un rassemblement syndical sur Park Avenue.

Le maire a reconnu ne pas avoir de certitude sur son autorité légale à ordonner à la police new-yorkaise de détenir un chef de gouvernement étranger. « Nous ferons tout ce que la loi nous autorise à faire, sans créer de nouvelles lois », a-t-il précisé, indiquant que ses services juridiques poursuivent leurs consultations sur le sujet.

Un obstacle juridique de taille

Les États-Unis n’ont jamais ratifié le Statut de Rome, le traité fondateur de la CPI. Le mandat d’arrêt visant Nétanyahou n’est donc contraignant que dans les 125 pays signataires de ce texte, ce qui prive en théorie Mamdani de toute base légale pour agir sur le sol américain.

La gouverneure de l’État de New York, Kathy Hochul, a tranché publiquement la question, affirmant que le maire n’a jamais disposé du pouvoir de procéder à une telle arrestation. Le représentant démocrate Jerry Nadler avait qualifié le projet d’« irréaliste », rappelant que la ville de New York n’a aucune juridiction en la matière.

Nétanyahou dit ne pas être inquiet

Interrogé sur son déplacement prévu à New York, le Premier ministre israélien a écarté ces menaces lors d’une interview à l’animateur radio américain Sid Rosenberg. Il a assuré qu’il se rendrait dans la ville « sans aucune crainte », accusant le maire d’adopter des positions favorables au Hamas et à l’Iran. Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, a minimisé la portée des déclarations de Mamdani lors d’un déplacement à New York, refusant d’entrer dans un débat juridique avec l’élu municipal.

La visite de Nétanyahou à l’Assemblée générale des Nations unies survient alors que les relations entre l’administration Mamdani et une partie de la communauté juive de New York restent tendues. Les estimations sur la taille de cette communauté varient selon les études et le périmètre retenu, entre environ 960 000 personnes dans les cinq arrondissements de la ville selon l’UJA-Federation (2023) et près de 1,8 million en incluant l’agglomération élargie, ce qui en fait la plus importante communauté juive hors d’Israël. Le maire a par ailleurs nommé Jessica Tisch, issue d’une famille juive influente de la ville, au poste de commissaire de police, une décision qui pourrait compliquer la mise en œuvre d’une éventuelle arrestation.

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