Nucléaire: Pyongyang rejette en bloc l'appel de l'Asean et promet un arsenal renforcé

La Corée du Nord a rejeté ce lundi tout appel à sa dénucléarisation, promettant au contraire de renforcer sans interruption ses capacités atomiques. La déclaration, diffusée par l’agence officielle KCNA, répond au communiqué final publié samedi par le forum régional de l’Asean (ARF) à Manille, aux Philippines.

Un rejet formulé par Kim Yo-jong

C’est Kim Yo-jong, haute responsable du Parti du travail et sœur du dirigeant Kim Jong-un, qui a porté cette réponse. Elle dénonce un texte qui aurait déjà perdu tout sens sur les plans conceptuel et pratique, jugeant l’appel à la dénucléarisation de la péninsule coréenne dénué de fondement stratégique. Selon elle, l’Asean devrait se garder de servir de relais à Washington, qu’elle accuse de peser derrière cette initiative diplomatique.

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Kim Yo-jong affirme que le statut nucléaire du pays, gravé dans la constitution nord-coréenne depuis 2023, ne saurait être remis en cause par une déclaration sans portée juridique contraignante. Notre puissance nucléaire sera renforcée sans la moindre interruption, aurait-elle déclaré, présentant l’arsenal comme le garant de la souveraineté et de l’équilibre régional face aux États-Unis et leurs alliés.

Une position répétée depuis l’échec du sommet de Hanoï

Cette sortie n’est pas isolée. Depuis l’échec, en 2019, du sommet entre Kim Jong-un et le président américain d’alors Donald Trump, Pyongyang martèle régulièrement son statut de puissance nucléaire comme un fait acquis et non négociable. Les divergences portaient déjà à l’époque sur le rythme du désarmement exigé par Washington et la levée des sanctions internationales réclamée par Pyongyang.

Le forum de l’Asean, qui rassemble chaque année les chefs de la diplomatie de la région Asie-Pacifique, avait réaffirmé samedi son attachement à une dénucléarisation complète et pacifique de la péninsule coréenne. Une position que la Corée du Nord balaie désormais comme une simple reprise de la rhétorique américaine, sans effet sur ses choix stratégiques.

Un arsenal construit hors traité international

À titre de comparaison, le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, entré en vigueur en 1970, ne reconnaît officiellement que cinq puissances nucléaires légitimes — États-Unis, Russie, Chine, France et Royaume-Uni — la Corée du Nord s’étant retirée du traité en 2003, une décision qui avait ouvert la voie à ses premiers essais nucléaires trois ans plus tard.

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