Portugal : Cristiano Ronaldo victime d'un « boycott », un ancien Bleu le défend

Le vestiaire, pas seulement le numéro 7 : c’est la version que défend Youri Djorkaeff après l’élimination du Portugal en huitièmes de finale de la Coupe du monde 2026. Champion du monde 1998 avec les Bleus, il a livré son diagnostic dans des propos relayés le 10 juillet par le quotidien espagnol AS. Sa thèse : l’échec portugais ne repose pas sur les épaules de Cristiano Ronaldo.

Une élimination qui a rejailli sur Ronaldo

Le Portugal a quitté le tournoi le 6 juillet à Arlington, battu 1-0 par l’Espagne sur un but de Mikel Merino inscrit à la 91e minute. À 41 ans, Cristiano Ronaldo a confirmé qu’il s’agissait de son dernier match de Coupe du monde, mettant fin à six participations sans jamais soulever le trophée. Sa prestation, jugée en retrait par plusieurs observateurs, a nourri une controverse déjà présente depuis le début du tournoi : une partie de la presse et du public portugais estimait qu’il ne devait plus être titulaire indiscutable, malgré ses trois buts marqués en phase de groupes. Des accusations de « boycott » interne visant certains coéquipiers avaient d’ailleurs déjà circulé pendant la compétition, avant d’être relancées après l’élimination.

Djorkaeff pointe une responsabilité collective

Pour Youri Djorkaeff, ce récit centré sur un seul homme masquerait une défaillance d’équipe. « On sent qu’il a été boycotté par sa propre équipe », a-t-il affirmé sur RMC, estimant que l’attaquant n’a reçu ni passes décisives ni situations offensives à sa mesure durant le tournoi. L’ancien international français a nommé directement Vitinha et Bruno Fernandes, jugeant que les cadres de l’équipe auraient dû, eux aussi, assumer leurs responsabilités plutôt que de compter sur Ronaldo pour faire la différence à chaque match. Selon lui, le style de jeu de l’attaquant n’ayant pas changé depuis des années, la stratégie collective aurait dû être bâtie autour de lui — ou la fédération aurait dû renoncer à le sélectionner. Cette lecture s’oppose à celle défendue pendant le tournoi par le journaliste portugais Vítor Pinto, qui avait écarté l’idée d’une exclusion organisée, évoquant plutôt une incapacité collective à construire une animation offensive cohérente autour de l’avant-centre.

Jorge Jesus attendu, Ronaldo entretient le suspense

Le successeur de Roberto Martínez serait déjà connu. Jorge Jesus, 71 ans, doit être présenté ce vendredi au poste de sélectionneur de la Seleção, dans le cadre d’un « accord total » avec la Fédération portugaise de football. Le technicien, qui a dirigé Ronaldo en club à Al-Nassr jusqu’en mai dernier, signerait un contrat de quatre ans, le liant jusqu’au Mondial 2030 coorganisé par le Portugal, l’Espagne et le Maroc. Martínez avait annoncé son départ dès la fin du match contre l’Espagne, estimant légitime que la fédération choisisse un autre profil après l’expiration de son contrat.

Du côté de Ronaldo, aucune annonce de retraite internationale n’a pour l’instant été formulée. Le capitaine portugais a rompu le silence sur ses réseaux sociaux avec un message bref, « Portugal Sempre », accompagné de deux photos de lui et du groupe pendant le tournoi, avant de repartager la vidéo d’adieu publiée par la fédération pour Martínez. Une publication qui laisserait la porte ouverte à une poursuite de sa carrière en sélection, sans lever le doute sur ses intentions pour l’Euro 2028.

La présentation officielle de Jorge Jesus, vendredi après-midi au siège de la fédération près de Lisbonne, devrait clarifier les grandes lignes du nouveau cycle portugais, y compris la question d’un maintien ou non de Cristiano Ronaldo dans le groupe.

Laisser un commentaire