Fatima Ameaka a retrouvé la liberté vendredi soir, après quatre jours passés en détention dans trois États américains différents. La chercheuse camerounaise, employée de l’université Johns Hopkins, avait été interpellée le mardi 28 juillet à l’aéroport international de Baltimore-Washington alors qu’elle s’apprêtait à embarquer sur un vol intérieur.
Une arrestation liée à un visa expiré
Selon son avocat, Benjamin Osorio, cité par The Banner, Ameaka a d’abord été transférée vers un centre de détention en Virginie, puis vers un établissement en Louisiane, avant d’être finalement relâchée vendredi soir depuis un centre situé à Harlingen, au Texas. Un porte-parole du département de la Sécurité intérieure (DHS) a justifié l’arrestation par le dépassement d’un visa délivré en juin 2023 et arrivé à expiration le 13 juin 2024. « En violation des lois de notre pays, elle a dépassé la durée de son visa », a déclaré ce porte-parole selon des propos rapportés par ABC News.
Son avocat conteste toutefois la légitimité de la mesure. Il affirme que sa cliente disposait d’une autorisation de travail valable jusqu’en 2029, un document accordé aux demandeurs d’asile dont le dossier est en attente depuis plus de 180 jours. Ameaka avait également bénéficié auparavant d’un statut de protection temporaire, selon les informations obtenues par le média local.
Une chercheuse spécialisée dans les épidémies
Ancienne boursière du programme Fulbright, Ameaka travaille depuis deux ans au Centre pour la sécurité sanitaire de la Bloomberg School of Public Health, rattachée à Johns Hopkins. Ses recherches portent sur l’amélioration des réponses aux flambées de maladies infectieuses, notamment la rougeole. Tom Inglesby, directeur de ce centre, l’a décrite comme « une personne formidable » et « vraiment intelligente » dans une interview accordée à ABC News. L’université a de son côté indiqué apporter un soutien juridique à sa collaboratrice, tout en se disant préoccupée par cette arrestation.
Un contrôle facilité par un partage de données entre agences
L’interpellation d’Ameaka traduit une intensification des contrôles migratoires menés dans les aéroports américains. Depuis un accord signé en mai 2025 entre la Transportation Security Administration (TSA) et l’agence de l’immigration (ICE), les agents fédéraux peuvent accéder aux données des passagers pour repérer les personnes en situation irrégulière, y compris celles sans antécédent judiciaire mais suspectées d’avoir dépassé la durée de leur visa. Des membres du Congrès ont récemment interpellé les compagnies aériennes pour qu’elles cessent de transmettre ces informations aux autorités.
Une audience devant un tribunal de l’immigration à Annandale, en Virginie, avait été fixée au 10 août pendant la détention d’Ameaka. Son avocat précise qu’une nouvelle date, ainsi qu’un nouveau lieu, pourraient désormais lui être notifiés depuis sa libération.



