Une plainte pour diffusion de fausses nouvelles et diffamation vise Ousmane Sonko, annoncée ce mercredi 15 juillet 2026 par un collectif de descendants de Cheikh Ahmadou Bamba, fondateur du mouridisme. Les poursuites font suite à des propos tenus par le président de l’Assemblée nationale sénégalaise lors d’un rassemblement à Touba, dimanche dernier.
Des accusations de détournement de fonds visant la cité religieuse
Devant ses partisans, l’ancien Premier ministre avait affirmé que « de l’argent volé » circulait récemment vers la ville sainte, précisant qu’il s’agissait de fonds publics. Il avait ajouté que cette manne financière ne servirait pas des objectifs politiques déclarés, mais répondrait plutôt à des « exigences politiques » officieuses. Ces déclarations ont été rapportées par le journaliste Madiambal Diagne, directeur d’Avenir Communication, dont les propos figurent dans les colonnes du journal Le Témoin.
Une conférence de presse attendue cette semaine
Le collectif plaignant a mandaté Me Aboubacry Barro pour porter l’affaire devant la justice. L’avocat, déjà connu pour avoir défendu plusieurs personnalités poursuivies pour diffusion de fausses nouvelles au Sénégal, doit détailler la qualification juridique retenue lors d’une conférence de presse annoncée pour cette semaine. Du côté de Sonko, aucun commentaire n’avait filtré à l’heure de la publication, ni sur ses canaux personnels ni via son parti.
Une rupture consommée avec le président Faye
Cette nouvelle procédure judiciaire intervient dans un climat de fracture ouverte entre Sonko et le président Bassirou Diomaye Faye. Un décret présidentiel a acté, le 22 mai 2026, la fin des fonctions du chef du gouvernement et la dissolution de son équipe ministérielle. Quatre jours plus tard, Sonko était élu à la présidence de l’Assemblée nationale, déplaçant l’affrontement institutionnel vers le Parlement.
Le 29 juin, sa majorité parlementaire avait fait adopter une réforme constitutionnelle touchant une trentaine d’articles, dont une disposition interdisant à un président en exercice de diriger un parti politique. Le Conseil constitutionnel avait toutefois annulé ce texte le 9 juillet, retenant des vices de procédure. Trois jours plus tard, dans un entretien accordé à Al Jazeera, Sonko avait nié toute lutte de pouvoir avec la présidence, assurant que « le président détermine la politique de la nation » pendant que l’Assemblée en contrôle l’exécution.
Touba occupe une place singulière dans les équilibres politiques sénégalais depuis l’indépendance, chaque prise de position d’une figure religieuse ou d’un collectif s’y rattachant résonnant bien au-delà du cadre local. La cité, fondée par Cheikh Ahmadou Bamba, accueille chaque année le Grand Magal, l’un des plus importants rassemblements religieux du continent africain.
L’issue de cette plainte, si elle est effectivement déposée, s’ajoutera à une série de procédures pour diffusion de fausses nouvelles ayant récemment visé des personnalités publiques sénégalaises, dans un contexte où les tribunaux sont régulièrement saisis sur ce fondement.
