Un avertissement a été lancé depuis Bamako ce 28 juillet par le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye : les groupes armés qui frappent le Sahel se nourrissent des désunions entre États voisins. Reçu par le général Assimi Goïta, chef de la Transition malienne, le dirigeant sénégalais a plaidé pour une riposte régionale coordonnée face à une menace qui, selon lui, « ne connaît pas de frontières ».
Une mise en garde contre la fragmentation régionale
Devant la presse, à l’issue de son entretien avec le général Goïta, Diomaye Faye a insisté sur un point central : les divisions entre pays voisins renforcent mécaniquement les capacités de nuisance des groupes djihadistes. Il a affirmé que ces menaces « se renforcent avec nos divisions », appelant à une union des forces plutôt qu’à des postures isolées face au terrorisme. Cette sortie intervient dans un cadre de frictions entre certains pays de la région, notamment depuis le retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la CEDEAO en 2025 pour fonder l’Alliance des États du Sahel (AES).
Diomaye Faye rend hommage aux soldats maliens tombés
Le chef de l’État sénégalais a présenté ses condoléances « suite aux dernières attaques tragiques qui ont coûté la vie à plusieurs soldats », en référence aux offensives coordonnées ayant frappé plusieurs localités maliennes début juillet. Menées par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) en coordination avec le Front de libération de l’Azawad (FLA), ces attaques avaient visé les villes de Gao, Sévaré, Anéfis et Kénieroba, ainsi qu’une prison dans le sud du pays, selon les informations rapportées par RFI. La bataille qui a suivi à Anéfis, du 4 au 9 juillet, a fait une trentaine de morts et environ soixante blessés dans les rangs de l’armée malienne, selon des sources sécuritaires citées par l’agence Anadolu (AA). Le gouvernement malien a de son côté répliqué par des frappes aériennes et des opérations terrestres, annonçant avoir neutralisé plusieurs dizaines de combattants et rétabli le contrôle des localités visées.
Un soutien réaffirmé et un sommet annoncé
Au-delà du message d’unité, Diomaye Faye a réitéré la disponibilité du Sénégal à « accompagner le Mali dans cette épreuve », saluant les sacrifices consentis par les forces armées maliennes. Les deux chefs d’État ont convenu de travailler avec d’autres homologues de la région à la convocation prochaine d’un sommet des chefs d’État, destiné à redynamiser la coopération économique et monétaire ainsi que la gestion partagée des ressources hydrauliques du fleuve commun aux deux nations. Aucune date n’a pour l’heure été communiquée pour cette rencontre.
Le Sénégal et le Mali partagent une histoire institutionnelle remontant à 1959, année où les deux territoires avaient formé ensemble la Fédération du Mali avant son éclatement l’année suivante, chacun accédant séparément à l’indépendance. Un passé commun invoqué par le président sénégalais pour justifier son appel à dépasser les clivages actuels au nom d’une lutte antiterroriste jugée indissociable de la solidarité régionale.


