Crédits spéciaux : Pastef accuse Diomaye Faye de vouloir étouffer le débat parlementaire

Un courrier du gouvernement à la commission des Finances relance la tension entre l’exécutif et l’Assemblée nationale. Guy Marius Sagna affirme que ce document présentait la saisine du Conseil constitutionnel comme un motif suffisant pour geler tout débat sur les crédits spéciaux, lors d’un point de presse du groupe parlementaire Pastef mercredi 19 août.

Un blocage contesté par les députés

Le texte porté par Sagna, Mame Diarra Bèye et Alphonse Mané Sambou visait à encadrer strictement l’utilisation des fonds spéciaux de l’État. Coup d’arrêt mardi 18 août : le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo porte l’affaire devant les sept sages, contestant la nature législative de plusieurs articles du texte, qu’il juge relever du pouvoir réglementaire. La séance plénière du 19 août, où le texte devait être examiné, a été suspendue dans la foulée. Les juges constitutionnels ont désormais jusqu’au 26 août pour se prononcer sur la question.

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Sagna va plus loin dans ses accusations : selon lui, l’exécutif n’aurait pas attendu cette échéance pour agir sur le terrain parlementaire, adressant directement à la commission des Finances un courrier présentant le recours comme suspensif de facto. Une lecture que le député juge infondée, ni la Constitution ni le règlement intérieur de l’institution ne prévoyant explicitement un tel effet.

« Les Sénégalais doivent connaître la vérité »

Sagna balaie l’hypothèse d’une manœuvre anti-Faye derrière cette réforme. Il rappelle que l’encadrement des crédits spéciaux figurait déjà dans le projet politique de Pastef en 2024, prolongeant des engagements plus anciens du parti. « Nous, les députés, pensons que les Sénégalais doivent connaître la vérité », a-t-il déclaré, défendant le droit du public à être informé de la gestion de fonds longtemps restés opaques.

Il dénonce également une tentative, selon lui orchestrée par une partie de la presse, de transformer ce débat en crise interne au sein de Pastef — une lecture qu’il rejette, assurant que le parti reste soudé sur ce dossier.

Un climat de confrontation institutionnelle

Cette passe d’armes intervient quelques jours après un autre vote tendu à l’Assemblée nationale : les députés y ont adopté, à 133 voix contre 2, l’élargissement de l’obligation de déclaration de patrimoine à plusieurs hautes autorités de l’État — un texte dont la promulgation reste elle aussi suspendue à l’arbitrage du président.

Le dossier des crédits spéciaux prend place dans une série d’épisodes de friction entre l’exécutif et l’Assemblée nationale, où Pastef détient la majorité sous la présidence d’Ousmane Sonko depuis son limogeage de la Primature en mai 2026.

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