« Nous nous appauvrissons » : le PM sénégalais dresse un diagnostic sans détour devant les députés

Le taux de croissance hors hydrocarbures du Sénégal s’est établi à 2,2 % en 2025, pour un taux de natalité proche de 3 %. Ce déséquilibre a conduit le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô à reconnaître, mardi 8 septembre, devant l’Assemblée nationale, un recul du niveau de vie des Sénégalais l’an dernier, appelé à se poursuivre en 2026.

Un constat économique posé lors de la DPG

Le chef du gouvernement s’est exprimé à l’occasion de sa Déclaration de politique générale (DPG). « Quand vous avez ce taux de croissance et que votre taux de natalité est à 3 %, vous vous appauvrissez », a-t-il déclaré aux députés, avant de préciser : « Nous nous sommes appauvris en 2025. Et nous allons encore nous appauvrir en 2026. »

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Le Premier ministre a également détaillé le coût actuel de l’emprunt public. Certains financements à court terme atteindraient des taux d’intérêt de 60 %, un chiffre qu’il a répété pour lever toute ambiguïté sur son ampleur. Des maturités plus longues afficheraient des taux proches de 15 %. Cette pression budgétaire a déjà entraîné l’arrêt ou le report de plusieurs projets publics, selon les précisions apportées par le chef du gouvernement à la tribune.

Une épargne jugée insuffisante

Al Aminou Lô a par ailleurs souligné la faiblesse de l’épargne nationale, estimée à environ 24 % des richesses produites, un niveau qu’il juge en deçà des besoins d’investissement du pays. Répondant à une formule employée par le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, sur un pays au « quatrième sous-sol » financier, le Premier ministre a situé le Sénégal à un niveau plus bas encore, qualifiant la situation d’ajustement structurel.

Un accord avec le FMI en toile de fond

Ce constat fait suite à la conclusion, le 1er septembre 2026, d’un accord de principe entre les autorités sénégalaises et le Fonds monétaire international, portant sur un prêt de 2,2 milliards de dollars, soit environ 1 245 milliards de FCFA, sur trois ans. Le Premier ministre a affirmé que les négociateurs n’avaient rien concédé sur les intérêts du pays, excluant tout retour à un ajustement de type années 1990.

La dégradation, début septembre, de la note souveraine du pays par l’agence S&P avait déjà accentué les inquiétudes sur la trajectoire financière de l’État. Le Sénégal a sollicité son premier accord avec le FMI en 1979, et les programmes d’ajustement structurel imposés au pays au début des années 1980 par le FMI et la Banque mondiale avaient conduit à une réduction des subventions et des dépenses publiques. Le gouvernement indique vouloir poursuivre en parallèle la mise en œuvre du référentiel Sénégal 2050, présenté comme le cadre de sa stratégie de transformation économique et sociale à moyen terme.

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