La confiance d’un père envers son ami s’est transformée en cauchemar. Sunday Onome, un ancien chauffeur privé originaire de l’État d’Ebonyi, a avoué avoir livré le fils de l’un de ses proches à un réseau de trafiquants d’enfants, en échange de 1,3 million de nairas. L’aveu a été recueilli par l’équipe spéciale de l’Inspecteur général de la police nigériane, rattachée à l’unité de réponse aux crimes violents (VCRU), à la suite de son arrestation à Onitsha, dans l’État d’Anambra.
Une arrestation qui met fin à un trafic présumé
Onome a été interpellé aux côtés de sa petite amie et de son fils, alors que les trois suspects s’apprêtaient, selon la police, à remettre deux enfants à des membres du réseau. Les forces de l’ordre avaient retracé leurs déplacements jusqu’à un hôtel d’Onitsha, où le suspect patientait avec les mineurs en attendant l’arrivée de ses contacts. L’intervention a permis d’empêcher la transaction et de secourir les deux enfants concernés.
Selon les déclarations d’Onome aux enquêteurs, son basculement dans le trafic remonterait à la perte de son emploi de chauffeur, après une absence lors d’une mission professionnelle. Cette précarité l’aurait conduit à fréquenter des individus impliqués dans la vente d’enfants, dont une femme devenue par la suite sa compagne. Le suspect affirme que sa première opération aurait visé le fils de l’un de ses amis, un enfant qui ne se serait douté de rien en raison du lien de confiance existant. Il aurait qualifié la somme reçue de plus importante qu’il ait jamais touchée en une seule fois, ce qui l’aurait convaincu de la rentabilité de l’opération.
Un réseau organisé à distance
Onome affirme avoir perçu un total de 3,6 millions de nairas pour deux opérations distinctes, la seconde ayant impliqué le transfert de deux autres enfants pour 2,3 millions de nairas. Il aurait décrit un fonctionnement structuré : les instructions étaient transmises par téléphone, et les paiements versés directement sur son compte bancaire après chaque mission, sans rencontre physique avec les commanditaires. Sa compagne aurait, selon ses dires, coordonné une partie de la logistique du réseau, tandis que son propre fils aurait participé au transport des enfants vers les points de remise.
La VCRU a été créée par l’Inspecteur général de la police, Olatunji Disu, dans le cadre de la lutte contre les crimes violents et les réseaux organisés au Nigeria, où le trafic d’enfants demeure un phénomène documenté par plusieurs organisations de défense des droits de l’enfant à travers le pays.
L’enquête se poursuit
Les autorités policières précisent que les déclarations d’Onome font l’objet de vérifications supplémentaires, afin d’identifier d’autres membres présumés du réseau et de reconstituer l’ensemble de ses ramifications. Les suspects demeurent présumés innocents jusqu’à leur comparution devant un tribunal. La police a par ailleurs appelé les populations à rester vigilantes face aux techniques d’approche fondées sur les liens de confiance et de proximité, qu’elle juge de plus en plus exploitées par les réseaux de trafiquants.



